23/11/2010

Tu reprendras une part de gâteau ?

Nous l'avons compris, autour de la position explicite des représentants de l'économie, le projet mis au vote ce week-end pour « harmoniser » les horaires d'ouverture des magasins (LHOM) est clairement défini pour augmenter la part de marché des hyper-centres et autres centres commerciaux !

 

Mais le gâteau n'est pas extensible, les parts seront alors plus grandes pour certains (les plus grands, implantés en périphérie) et bien plus petites pour d'autres (les plus petits, ceux qui sont de proximité et qui font la vie des quartiers).

 

Dans les débats relatifs à cette votation, on trouve en effet les ardents défenseurs du OUI, issus de l'économie des hyper-centre et centres commerciaux, et les opposants que sont les petits. Ces derniers, qu'ils soient patrons ou employés, ont des raisons évidentes et légitimes de s'y opposer, ils ont effet beaucoup à perdre, car si cette loi dite « d'harmonisation » devait passer, elle se fera à leur détriment et, par cascade, au détriment réel des consommateurs, citoyens et contribuables genevois.

 

En quelques points, de bonnes raisons de refuser ce miroir aux alouettes :

 

  • Pour les employés : Augmentation de la plage horaire de disponibilité « dû » à leur employeur, plus grande incertitude dans l'organisation des journées et soirées, arrivées très tardive au domicile, péjoration drastique du lien familial et du cadre éducatif, ...
  • Pour les commerces de proximité : Réduction du chiffre d'affaire, perte d'attractivité, augmentation de la durée des journées de travail, disparition programmée de bon nombre, ...
  • Pour les consommateurs : A court terme perte de nombreux commerces de proximité par report de la consommation dans les hyper-centres, perte du lien social en l'absence des commerces de quartier (à l'exemple des quartiers qui ont perdus leur poste), fermeture de bistrots qui auront perdu en attractivité par la disparition des commerces de proximité, augmentation des trajets pour les achats quotidiens, ...
  • Pour les citoyens : Augmentation de l'insécurité et perte d'animation dans les quartiers par la disparition des commerces de proximité, augmentation des jeunes dans la rue qui se retrouveront sans encadrement parental, perte d'attractivité du centre-ville au profit des hyper-centre de périphérie, augmentation en soirée des nuisances liées à l'activité des hyper-centres, ...
  • Pour les contribuables : Augmentation des impôts pour assurer les services nécessaires à ces prolongations (mise en place d'un accueil des enfants en soirée, augmentation à perte de l'offre des transports publics pour la période de prolongation des horaires, décalage en soirée de l'ensemble des services liés), ...

 

Pour une économie durable et juste, les commerçants, patrons et entrepreneurs membres du GEIP* s'opposent à cette loi et vous encouragent vivement à participer à ce scrutin, afin de préserver nos commerces de proximité et la vie dans nos quartiers.

 

 

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Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du comité du GEIP - Groupement des Entrepreneurs et Indépendants Progressistes

 

 

* Le GEIP Groupement des Entrepreneurs et indépendants Progressistes défend les valeurs d'une économie durable et juste. Il se soucie des droits sociaux et de la protection de l'environnement, ses membres démontrent au quotidien qu'une économie responsable est possible.

 

Plus d'information sur le site du groupement : www.geip.ch

06/07/2010

Achats de jour, achats de nuit …

Le référendum sur la loi d’ouverture des magasins (LHOM – I 1 05 – du 17.06.2010) est lancé depuis le 30 juin 2010, pour un dépôt au plus tard le 09 août 2010, par un comité référendaire* (FAO n°073 du 30.06.2010, page 2) composé de pas moins de 18 structures, dont la gauche et les syndicats, mais aussi l’association des marchés ou encore le GEIP Groupement des entreprenuers et indépendants progressistes.

Mais pourquoi donc vouloir faire voter sur un sujet qui pourrait à premier abord faciliter la vie des citoyennes et citoyens genevois, en allongeant en soirée les heures de fermetures ordinaires des magasins, respectivement à 20h00 la semaine et 19h00 le samedi ?

Quelques arguments du GEIP contre la LHOM :

· Profite principalement aux grands magasins au détriment du commerce de proximité et des marchés hebdomadaires

· La consommation n’est pas un « art de vivre » et les centres commerciaux ne doivent pas remplacer la place du village

· Participe à l’effritement de la sphère familiale

· Ne fait que conforter et justifier des pratiques de travail délétères, heures supplémentaire à rallonge et non payées, travail fragmenté, sur appel, du soir et du week-end

 

A cela viendra s’ajouter des besoins complémentaires, qu’il faudra bien financer, notamment en matière d’accueil et d’encadrement des enfants en soirée. En effet, trop souvent les parents sont dits « démissionnaires », qu’en sera-t-il alors dans ces conditions … lorsque de nombreux parents pourront retrouver ou récupérer leurs enfants seulement au delà de 20h30 ?

 

Comme trop souvent à Genève, cette loi est votée juste avant les vacances d’été. Alors collecter 7'000 signatures d’électrices et électeurs genevois ne sera certainement pas facile, mais il s’agît très certainement d’un débât de société qui mérite d’être fait.

La formule de référendum (GEIP) se trouve ici.

Pour ma part, je reste persuadé que la cohésion sociale, donc l’intérêt public et le bien commun, doit primer sur l’intérêt personnel et partisant.

 

 

 

 

 

Boris Calame, designer et écologue, indépendant

Membre du comité du GEIP Groupement des entrepreneurs et indépendants progressites

 

 

 

 

* Comité référendaire contre l'extension des ouvertures des commerces:

L'Association des marchés, Collectif Haddock, Comedia, CUAE, Gauche anticapitaliste, Groupement des entrepreneurs indépendants et progressistes, Jeunesses socialistes, Mouvement pour le socialisme, Parti du Travail, Parti socialiste, ROC, SIT, SolidaritéS, Syna, Unia, United Black Sheep, Les Verts, La Vrille