09/05/2015

Une action syndicale qui nous coûte quand même très chère …

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Une grève à près de 2,5 millions, ce n'est pas rien ...

Quand une grève impact les revenus de l'Etat et l'application des règles qu'il s'est donné, il y a matière à se poser quelques questions.

J'ai appris dernièrement que la grève des amendes de la police était toujours en vigueur (?!), alors une petite question au Conseil d'Etat m'a semblé s'imposer (En grève, toujours en grève ? Quel impact sur les finances publiques et les prestations à la population ?) ...

La réponse du Conseil d'Etat est passablement explicite quant aux pertes de revenu pour l'Etat (lire ici), soit plus de 2 millions en 2014, soit près de 7'500.- par jour ... et ça n'est pas fini, nous en serions aujourd'hui à près de 2.5 millions !

Bien que le droit de grève soit à juste titre garantit, je me doit de constater que le prolongement (« sans fin ») de cette action syndicale se fait au détriment des capacités de l'Etat à offrir des services à la population, le cas échéant à rembourser sa dette ou encore renflouer les caisses de pension de ses collaboratrices et collaborateurs, et non à l'avantage de quiconque si ce n'est peut-être à ceux qui ne respectent pas les règles que l'on s'est données ...

Qu'on se le dise ....

 

Boris Calame

Député des Verts au Grand Conseil de la République et canton de Genève

01/08/2013

Obligation de servir … non mais … oh là !

armée, obligation de servir, service militaire, panosse, initiative populaire, votation 22 septembre 2013


« Le système de milice est un principe fondateur de la Suisse, que ce soit en politique, dans les associations ou au sein de l’armée ». (extrait du communiqué de presse, du 30 juillet 2013 de « l’Association pour une Suisse en sécurité »)

 

A la lecture de ce communiqué, mon sang n’a fait qu’un tour …

On ne peut en effet comparer le système dit « de milice » de l’armée, qui est un engagement contraint, au système d’engagement politique (ou autre) non professionnalisé, qui est bien de nature volontaire, et encore moins à celui de bénévole d’une association quelle qu’elle soit.

Affirmer que « le système de milice est un principe fondateur de la Suisse » en y ajoutant les milieux politiques et associatifs, … c’est avoir une vision fort étriquée de ce qu’est la réalité de l’engagement volontaire individuel. C’est aussi tordre l’esprit et la réalité de l’engagement de nombreuses personnes, dans des structures, avec des buts spécifiques et fédérateurs, auxquels ils/elles croient et/ou sont attachés …

Quelque soit l’opinion relative à l’obligation de servir (dans l’armée), il est de bon ton de rappeler que quand l’on parle de « miliciens » ou plus justement d’armée de milice, il s’agît tout simplement de non professionnels, mais pas pour autant volontaires.

Pourquoi s’interdire ainsi une vraie réflexion sur une armée de milice composée de volontaires, mais aussi sur toute autre façon de servir équitablement son pays.

Le mythe d’une armée au service de la cohésion nationale ne tient plus la route. Il est en effet tout à fait loisible, pour tout à chacun, de se « défiler » de « ses obligations militaires ». On notera au passage et avec raison, comme on est accoutumé à le dire et à l’écrire, qu’il s’agît bien « d’obligations » et non pas d’activités de « loisirs ».

Certain/e/s diront que l’armée est une école de la vie … Certes, c’est une expérience, à un âge donné (école de recrue), bien particulière qui oblige aussi à murir … mais est-ce vraiment mieux que de partir à l’étranger et de devoir se débrouiller ou de s’engager pour la collectivité sous une autre forme, sans devoir avancer l’arme à la main ?

D’autres diront encore que l’armée est indispensable en cas de catastrophe … certes elle est utile, mais tellement mal préparée, si ce n’est les corps spécialisés en la matière … ceux-là même qui pourraient très bien être de nature « civile » ou pour le moins organisés d’une autre façon que le système militaire connu actuellement en Suisse.

Avez-vous déjà vu, par exemple, des pilotes de FA18, des conducteurs de Chars Léopard ou encore des grenadiers de Haute montagne intervenir dans le cadre d’une catastrophe naturelle ? Bien évidemment que non, ils sont « trop » spécialisés, pas équipés et pas compétents en la matière. Alors prétendre que l’armée se charge de « toutes » les tâches au service de la population est tordre la réalité.

Certes l’armée de part sa taille, le nombre et les qualités de ses membres a la capacité d’effectuer de multiples tâches, de manière individuelle et spécialisée, mais ne pourra jamais suppléer les corps professionnels, que ce soit les membres de la police, des les pompiers et autres structures sanitaires, mais aussi des entreprises de Génie civile, d’électricité, de foresterie (…) pour tout ce qui à trait à l’urgence en cas de catastrophe.

Dans le discours « patriotique » qui cherche à démontrer que l’armée est le ciment de la Suisse, je souris en me rappelant le peu de respect de l’ensemble des conscrits envers notre étendard national, qu’ils nommaient, lors de sa levée … « la prise de la panosse ». C’est bien le seul endroit où j’ai eu l’occasion d’entendre cette définition de la panosse*

Mais le débat ne fait commencer, qu’on se le dise …

 

Boris Calame designer et écologue, indépendant, bénévole associatif,

ancien Constituant associatif et candidat des Verts genevois à l’élection au Grand Conseil 2013

 

* La « panosse » est en Suisse ce que certain/e/s nomment, ici ou ailleurs, la « serpillière », soit un torchon, pas toujours très propre, qui sert à nettoyer les sols …

10/10/2010

MOA et moi ?

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Ce samedi à Rive, en plein centre de Genève, une manifestation à réunit plus de 1'000 jeunes (et moins jeunes), en toute convivialité et en musique, pour soutenir le MOA … là derrière, se pose la problématique de savoir « Quelle place pour la jeunesse à Genève ? » …

 

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Peut-on se plaindre d’une jeunesse qui « traine dans la rue » et en même temps lui refuser des lieux qui lui sont propres, des lieux de vie, des lieux de culture ?

 

Selon les bruits qui courent, ES annonce qu’après le MOA ce sera au tour de l’Usine …

 

Le délégué à la jeunesse de le Ville de Genève, M. Claudio Deuel, cité récemment dans la tribune, mentionnait effectivement cette problématique comme bien réelle. Alors, à quand un MOA mobile ?

 

Une politique globale de la jeunesse serait vraiment la bienvenue à Genève.

 

A savoir si l’Assemblée constituante saura prendre en considération prochainement cette « thématique » et lui donnera une valeur constitutionnelle.

 

Les thèses proposées à l’Assemblée* :

 

508.81.a Politique de la jeunesse : L’Etat tient compte des besoins et des intérêts particuliers des enfants et des jeunes en mettant en œuvre une politique de la jeunesse.

 

Dans un autre registre, qui est celui des « Loisirs », et assez proche tout de même :

 

508.32.a Accès aux loisirs : L’Etat favorise l’accès à des loisirs diversifiés, pour tous, qui contribuent à la cohésion sociale, à l’équilibre et au développement personnel.

 

508.32.b Proximité et moyens : L’Etat s’efforce de mettre à disposition des lieux de proximité accessibles à tous, ainsi que les moyens nécessaires pour atteindre ces buts.

 

Ne laissons pas notre jeunesse à la rue, ne lui refusons pas des espaces qui lui sont dédiés. Nous avons tous été jeunes, nous avons profités de ce qui existait en son temps, nous avons dansé sur notre musique, parfois même fort tard …

 

 

 

Boris Calame, Constituant, Président de la Maison de quartier de Champel

 

 

 

*Toutes ces thèses sont disposnibles dans le rapport n°508 « Vie sociale et participative » de l’Assemblée constituante, disponible su r son site internet (http://www.ge.ch/constituante)

 

01/10/2010

"Naufrage de la Constituante" ou "la petite histoire de Genève" ...

A croire que les constituant/e/s ont oubliés leur mission, la raison de leur présence et la teneur même de l'engagement solennel (prestation de serment) qu'ils ont tenus, la plus part le 2 février 2009 (Art. 2 du règlement de l'Assemblée constituante):

 

« Pour l’avenir de la République et canton de Genève et pour le bien-être de sa population, je m’engage à exercer ma fonction sans jamais perdre de vue qu’elle est une délégation de l’autorité suprême du peuple, dans le respect du droit et en ayant pour seul guide les intérêts de la République, ainsi que la sauvegarde des libertés et des droits fondamentaux ;

- à me vouer avec diligence à la mission d’élaborer un projet de nouvelle Constitution dans le délai prévu par la loi ;

- à respecter le règlement de l’Assemblée constituante ;

- à être à l’écoute des autres et à travailler en tout temps dans le respect mutuel. »

 

Après bientôt deux années de travail intense dévolues à la mise en place et au bon fonctionnement de cette assemblée, un très fort engagement et de nombreuses concessions dans le travail des commissions pour l'élaboration du projet constitutionnel, est-il encore soutenable de poursuivre des travaux qui nous mènent obligatoirement dans le mur ?!

 

Toutes les révisions récentes de Constitutions cantonal ont amenée à des progrès sociaux et environnementaux. A Genève aujourd'hui, on ne parle plus que de régression, d'archaïsme et de conservatisme (libéral). Un excès de naïveté m'a sans doute fait croire et espérer qu'on était capable, à Genève aussi, de se mettre autour d'une table et de trouver ensemble des solutions consensuelles pour assurer "le bien commun", soit une qualité de vie pour toutes et tous dans un environnement préservé ... mais il faut encore et toujours constater que les rapports de commission, on s'y assoit dessus en balançant en plénière des amendement "foireux", sont soutenus par une majorité verrouillée ... et pourtant notre règlement dit clairement "Les membres délibèrent et votent sans instructions".

 

La rupture et les clivages sont tels, dans cette Assemblée, qu'il n'est et ne sera sans aucun doute plus possible de réparer les dégâts ou revenir à une négociation constructive ... La gauche (élargie) est peut-être naïve, mais certainement pas masochiste à attendre, encore et toujours, de prendre des coups ...

 

Enfin, à entendre certains, on se croirait véritablement sur des bans d'école, avec des élèves distrait, chahuteur et turbulents, ou peut-être plus justement dans la cour d'une école où l'on se venge, notamment pour régler de vieux conflits parlementaire, en imposant le poids d'une majorité de circonstance. Cette majorité, à forcer de braquer de nombreuse et diverses catégories d'électeurs, ne pourra en aucun cas se relever !

 

Alors oui, la Constituante de 2008-2012 est en l'état condamnée à sombrer dans la petite histoire de Genève, après un pr emier échec de révision en 1862, la Constitution de 1847 est donc condamnée à rester valable encore de nombreuses années ... l'avantage étant, sans doute, que ses quelques 120 révisions partielles, voulue par le peuple genevois, ne seront ainsi pas simplement éliminées !!!

 

Reste donc à savoir quand es-ce que l'on arrêtera ce cirque ...

 

 


Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève