09/05/2015

Une action syndicale qui nous coûte quand même très chère …

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Une grève à près de 2,5 millions, ce n'est pas rien ...

Quand une grève impact les revenus de l'Etat et l'application des règles qu'il s'est donné, il y a matière à se poser quelques questions.

J'ai appris dernièrement que la grève des amendes de la police était toujours en vigueur (?!), alors une petite question au Conseil d'Etat m'a semblé s'imposer (En grève, toujours en grève ? Quel impact sur les finances publiques et les prestations à la population ?) ...

La réponse du Conseil d'Etat est passablement explicite quant aux pertes de revenu pour l'Etat (lire ici), soit plus de 2 millions en 2014, soit près de 7'500.- par jour ... et ça n'est pas fini, nous en serions aujourd'hui à près de 2.5 millions !

Bien que le droit de grève soit à juste titre garantit, je me doit de constater que le prolongement (« sans fin ») de cette action syndicale se fait au détriment des capacités de l'Etat à offrir des services à la population, le cas échéant à rembourser sa dette ou encore renflouer les caisses de pension de ses collaboratrices et collaborateurs, et non à l'avantage de quiconque si ce n'est peut-être à ceux qui ne respectent pas les règles que l'on s'est données ...

Qu'on se le dise ....

 

Boris Calame

Député des Verts au Grand Conseil de la République et canton de Genève

21/02/2015

Quand je rêve de la police: L'agent "X" me raconte ...

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Tu sais Boris, l'autre soir on à eu la visite du "sieur E" au poste ... bon ... je peux pas dire son nom, c'est confidentiel, mais on l'aime vraiment, c'est notre mentor, c'est lui qui travaille pour nous tous les jours, tu vois bien de qui je parle - je lui répond alors qu'il me semble bien comprendre - l'agent "X" continue son histoire:  c'était dans la nuit, il est venu en visite au poste avec quelques-uns de ses collègues, il faut dire que le "sieur E" est notre ami, c'est lui qui dicte à ses collègues ce qu'il faut écrire dans les lois, surtout la nôtre, pour que personne ne vienne trop nous déranger, car dans notre corporation, c'est important, nous sommes toujours solidaires pour notre bien-être d'abord ... celles et ceux qui ne seraient pas d'accord avec nous n'ont qu'à bien se tenir, nous sommes l'Etat dans l'Etat et il ne faut pas s'opposer à nous ...

L'agent "X" précise qu'il fallait être convaincant et donner l'impression d'être surpris par cette visite, car elle était en effet "annoncée comme inopinée", mais le "sieur E" étant toujours aux petits soins avec nous, il nous a demandé préalablement de faire un peu d'ordre pour ne pas décevoir ses collègues, alors on était prêt, certes un peu fébrile, mais prêt ...

Marcel, notre chef de poste, c'est lui qui connaît le mieux le "sieur E", ils font pleins de trucs ensemble, mais je ne sais pas vraiment quoi, nous a bien précisé que cette fois il ne faudrait pas sortir le saucisson et le coup de rouge, les autres visiteurs auraient en effet déjà mangé, seraient un peu pressés et n'étaient pas très sympas avec la corporation .... pas grave, on fera bien meilleur accueil au "sieur E" lors de sa prochaine visite ... c'est en effet primordial pour nous d'entretenir avec lui de très bonnes relations ...

Alors l'agent "X" continue pour expliquer qu'ils ont dû aussi se retenir de chanter l'hymne de la Police - il y a un hymne de la Police, lui demandai-je alors un peu surpris ? - mais oui bien-sûr c'est le "cé qu'è lainô" que le "sieur E" a écrit spécialement pour nous, on le chante lors de nos rencontres, ou pour se donner du cœur à l'ouvrage, le mieux est encore dans la voiture en intervention ou lors d'élections ... c'est vraiment trop bien !

Bon revenons sur cette petite visite inopinée du poste, en fait ils étaient venus pour voir comment se portaient nos détenus, trop facile, on avait profité du temps à disposition pour ranger les plus mal en point dans un autre poste, il faut dire que Marcel n'aime pas trop qu'on lui tienne tête, alors des fois il se lâche quelque peu ... c'est fou comme ces détenus peuvent être maladroits, il arrivent qu'ils s'encoublent [vraiment] sur n'importe quoi, on le constate régulièrement, mais toujours à plusieurs ... c'est très important d'être plusieurs pour un constat ... mais là c'était propre, car pour faire plaisir à Marcel, mon chef, j'ai même passé un p'tit coup de panosse dans la cellule du fond ... tu sais c'est celle où la porte est plus épaisse, celle là où l'on fait nos répétitions de chants pour ne pas déranger nos voisins ... c'était toutefois plus long que prévu, j'ai dû aussi faire les murs et le plafond. J'ai fini, me dit-il, juste à temps pour recevoir correctement notre éminent visiteur ...

Puis après quelques heures, le "sieur E" est repartis avec ses collègues, en nous félicitant pour la bonne tenue de notre poste ... nous nous sommes même demandé un moment qui étaient ces visiteurs qui l'accompagnaient, mais bon c'était pas très important du moment où ils étaient avec lui ... on a alors ouvert quelques topettes et sorti le saucisson ...

Il faut reconnaît que sur ce coup Marcel a été particulièrement prévoyant, il est pas chef pour rien le Marcel et connaît tout le monde, il est passé l'après-midi au Parti, avec les collègues qui étaient en service, chercher quelques victuailles ...

Il faut dire que depuis quelque temps, c'est vachement plus sympa et moins stressant les visites inopinées, car on a enfin le temps de s'organiser ... et surtout, plus besoin de se raser ...

 

En quittant l'agent "X", je me suis remémoré son histoire et me suis demandé si en général une loi devait être écrite par une corporation et ses petits copains, pour la défense de ses intérêts, ou plus justement sans pression par le Parlement, qui représente et défend les intérêts de la population?

Moi qui aime beaucoup l'agent "X" et ses histoires quelque peu surprenantes, je me dis que, dans le cadre de la nouvelle loi sur la police (LPol), c'est quand même bien plus pertinent de faire confiance à une majorité du centre du Parlement (PDC, PLR, PS et Verts) ... autour d'un texte que nous avons débatu, amendé et voté ... plutôt qu'à certains opposants, corporatistes et manipulateurs des extrêmes ... 

Alors, avec conviction et détermination, je voterai à nouveau OUI le 8 mars à la nouvelle loi sur la police,  car je veux que la police revienne véritablement au service de la population et non pas seulement au service de certains ... STOP à un Etat dans l'Etat !!!

Qu'on se le dise ...

   

Boris Calame

Député des Verts au Grand conseil de la République et canton de Genève

12/12/2014

Un, deux, trois, quatre ... et chantons Genève

Grand Genève, EscaladeComment aimer notre voisin ou encore l'accepter alors même que l'on apprend depuis "toujours" que c'est une canaille ... et l'on prétend concevoir notre région autour d'un territoire partagé ...

Genève la gagnante se gausse en chantant [seulement] quatre des soixante-huit strophes de son "Cé qu'è lainô"' ... Ce chant patriotique, guerrier et religieux, nous accompagne depuis plus de 400 ans dans la commémoration de la "raclée" que l'on a mît en 1602 aux Savoyards et que l'on cultive depuis dans toutes les commémorations populaires et officielles ... mais l'on prétend parler d'une région et d'un territoire partagé ... 

On en est à entonner l'hymne de Genève ... celle-là même que l'on a apprit a l'école, celle qui fait que le Savoyard est l'envahisseur, celui qui faut bannir de notre territoire, car bien trop perfide ... un texte propagandiste et patriotique ... et l'on prétend construire une région autour d'un territoire partagé ...

Nous autres, genevoises et genevois, vainqueurs une nuit de décembre de ces vilaines canailles, cette image cultivée dès le plus jeune âge, empêche très certainement le bien vivre ensemble et cultive le ressenti envers l'autre ... celui même avec qui l'on partage au quotidien, mais en même temps que l'on ne peut supporter ... et l'on souhaite réaliser ensemble une région sur un territoire partagé ...

Sans vouloir renier notre histoire et les traditions populaires, il semble temps de passer à autre chose ... rangeons l'hymne de la Genève du XVIIe siècle et entonnons ensemble le chant [populaire et laïque] du Grand Genève, un chant transfrontalier du XXIe siècle qui nous rassemble et nous accompagne sur notre territoire partagé ...

Pour que l'on puisse toutes et tous s'identifier à notre région, il serait temps de proposer un chant rassembleur du Grand Genève qui valorise notre relation à l'autre, un chant de réconciliation qui illustre une ère nouvelle, celle du vivre et du faire ensemble ...

Si l'on veut construire ensemble, dans le respect, il faudra se résoudre à abandonner [un jour] l'étiquette collée à nos voisins et entretenue chaque année dans l'inconscient collectif au travers du brisé de la marmite et de son [trop] célèbre "Ainsi périrent les ennemis de la République" ...

Qu'on se le dise ...

 

Boris Calame

Député au Grand Conseil de la République et canton de Genève

 

 

Le texte du “Cé què lainô” et sa traduction: http://athena.unige.ch/athena/helvetia/cqlaino.html

09/06/2014

Théâtre de Carouge : Référendum « contre » ou « sur » le crédit d’étude de reconstruction ?

Notre Constitution décrit les composantes de nos droits démocratiques. En parlant du Référendum on dit bien trop souvent qu’il est fait « contre » un projet ou un autre, alors même que celui-ci se fait « sur » une décision politique qui est contestée. Il s’agît souvent d'une loi (cantons et confédération) ou d'une délibération (communes) portant sur l’ouverture d’un crédit dédié à un objet spécifique.

Un référendum n’est pas un « sondage » préliminaire pour savoir ce que pense le peuple, mais bien plus justement, une demande d’une personne ou d’un groupe qui souhaite que le peuple se prononce sur l’objet à considérer.

Mener une campagne référendaire, soit argumenter et débattre avec le peuple sur un sujet d’une certaine importance, est un acte politique majeur. C’est là que l’équilibre ou les forces politiques ne peuvent être garanties. C’est là aussi où l’engagement et la force de persuasion doivent être réunis par les référendaires, afin d’obtenir le nombre de signatures nécessaires et permettre ainsi la consultation formelle du peuple.

Dans le cadre d’une campagne référendaire, pourquoi accepter ou refuser de signer ? Le fait de signer un Référendum ne préjuge en rien de son vote final. Il y a bien évidemment celles et ceux qui sont contre le projet, mais aussi celles et ceux qui pensent que l’enjeu est suffisamment important pour que le peuple ait l’opportunité de s’exprimer.

Mener une campagne contre la levée de signature dans le cadre d’un processus référendaire me semble politiquement contreproductif. C’est aussi vouloir aller à l’encontre des possibilités d’expression des droits démocratiques.

Théâtre, Carouge, Référendum, 2014

Il faut reconnaître que le risque avec un Référendum, c’est que le projet, retenu par les politiques et contesté par certain-e-s, soit au final refusé par le peuple, mais c’est aussi l’occasion unique d’expliquer au peuple de quoi il en ressort, de mener campagne et de convaincre avec des arguments qui démontrent aux citoyennes et citoyens les intérêts et enjeux liés au projet.

Il ne faut pas avoir peur d’un Référendum, mais être conscient que celui-ci peut mener au refus du projet et aussi, en cas d’acceptation, lui apporter une légitimité accrue.

C’est pourquoi la campagne des parties favorables au projet doit accompagner celle des référendaires, car c’est un moment bien particulier du processus où une certaine lumière médiatique est donnée au projet contesté par certain-e-s. C’est aussi un moment du débat populaire où se forgent les premières opinions qui sont souvent difficiles à modifier.

Alors non, un Référendum n’est jamais « contre un projet », mais bien « sur un projet » qui se doit être explicité au peuple le plus en amont possible. Ce n’est pas en attaquant les référendaires que le projet se réalisera, mais en convaincant le peuple du bien fondé de celui-ci.

Qu’on se le dise …

 

Boris Calame, député au Grand Conseil et ancien Constituant

 

Quelques sources: 

La TDG, le 09 mai 2914 : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/mcg-lance-referen...

Le Courrier, Lundi 09 juin 2014: http://www.lecourrier.ch/120791/referendum_du_mcg_contre_...

Le Temps, Mardi 03 juin 2014 : http://app.letemps.ch/Page/Uuid/bfc70b9a-ea76-11e3-94a6-d...

Artos « le site romand du spectacle » : http://www.artos-net.ch/pour-que-vive-le-theatre-de-carouge et l’argumentaire du TCAG http://www.artos-net.ch/sites/default/files/files/Argumen...

Théâtre de Carouge : http://tcag.ch/le-theatre-et-vous/les-travaux/

La Ville de Carouge : http://www.carouge.ch/jahia/Jahia/accueil/pid/661

Vivre Carouge, n°60, février-avril 2014 : http://www.carouge.ch/jahia/webdav/site/carouge/shared/Cu...

… et il y a sans doute quelque part le Référendum …mais je ne l’ai pas trouvé ...

10/05/2014

Initiative de l'AVIVO, mais où va-t'on ..

Hormis ses erreurs grossières d'écriture (la carte journalière valable une heure) et la perte des avantages tarifaires pour les jeunes de 18 à 25 ans (tarifs adultes dès 18 ans), L'initiative 146 de l'AVIVO, dite «Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois!», nous promets la perte des avantages liés à l'unification tarifaire des différents transports publics de Genève.

Nous sommes actuellement dans la construction de notre réseau ferroviaire avec le CEVA, le redéveloppement de nos infrastructures de tram et le développement général des transports publics, qui doivent permettre de décharger quelque peu nos routes, soit aussi limiter autant que possible, les nuisances liées au trafic, que se soit en matière de bruit, mais aussi en polution de l'air que nous respirons, toutes et tous, quotidiennement.

Vouloir la rupture, telle que proposée par cette inititive, va entrainer une exclusion des TPG du système de tarification unique de la région genevoise (UNIRESO) et engendrerait une multiplication des tickets et autres abonnements à acquerir pour un déplacement donné, soit une augmentation drastique des coûts pour les usagers de transports publics régis par des opérateurs différents (TPG, CFF, ...).

A terme, prendre prendre par exemple le train à la Gare des Eaux-Vives jusqu'au Bachet, puis le tram pour accèder à la Zone indutrielle de Plan-les-Ouates, nécéssiterait l'acquisition de deux billets ou abonnements, l'un des TPG et l'autre des CFF. Est-ce vraiment cette complexification du système et, au final, une augmentation globale des coûts que l'on souhaite pour les usagers ?

C'est ici aussi une attaque frontale contre le CEVA. Cette initiative met en effet en péril l'attrait genéral de cette nouvelle infrastructure et nuit à terme au financement de son exploitation. En effet, pour ne pas payer deux titres de transports, force est de parier que bon nombre d'usagers se limiterons à un seul mode de déplacement ou plus justement un seul oppérateur, en délaissant l'offre incroyable qui devrait être mise à disposition d'ici fin 2019 et en saturant l'autre encore plus.

En votant non à l'initiative 146 de l'AVIVO, le 18 mai 2014, on assume l'avenir de notre mobilité et assure la réalisation d'un réseau cohérent au bénéfice des usagers des transports publics. C'est aussi une décharge proportionnelle des nos routes au bénéfices de toutes et tous.

Ne nous trompons pas de combat, votons alors non à cette initiative qui vise à détruire le développement de nos transports publics...



Boris Calame
Député au Grand Conseil de la République et canton de Genève