09/06/2014

Théâtre de Carouge : Référendum « contre » ou « sur » le crédit d’étude de reconstruction ?

Notre Constitution décrit les composantes de nos droits démocratiques. En parlant du Référendum on dit bien trop souvent qu’il est fait « contre » un projet ou un autre, alors même que celui-ci se fait « sur » une décision politique qui est contestée. Il s’agît souvent d'une loi (cantons et confédération) ou d'une délibération (communes) portant sur l’ouverture d’un crédit dédié à un objet spécifique.

Un référendum n’est pas un « sondage » préliminaire pour savoir ce que pense le peuple, mais bien plus justement, une demande d’une personne ou d’un groupe qui souhaite que le peuple se prononce sur l’objet à considérer.

Mener une campagne référendaire, soit argumenter et débattre avec le peuple sur un sujet d’une certaine importance, est un acte politique majeur. C’est là que l’équilibre ou les forces politiques ne peuvent être garanties. C’est là aussi où l’engagement et la force de persuasion doivent être réunis par les référendaires, afin d’obtenir le nombre de signatures nécessaires et permettre ainsi la consultation formelle du peuple.

Dans le cadre d’une campagne référendaire, pourquoi accepter ou refuser de signer ? Le fait de signer un Référendum ne préjuge en rien de son vote final. Il y a bien évidemment celles et ceux qui sont contre le projet, mais aussi celles et ceux qui pensent que l’enjeu est suffisamment important pour que le peuple ait l’opportunité de s’exprimer.

Mener une campagne contre la levée de signature dans le cadre d’un processus référendaire me semble politiquement contreproductif. C’est aussi vouloir aller à l’encontre des possibilités d’expression des droits démocratiques.

Théâtre, Carouge, Référendum, 2014

Il faut reconnaître que le risque avec un Référendum, c’est que le projet, retenu par les politiques et contesté par certain-e-s, soit au final refusé par le peuple, mais c’est aussi l’occasion unique d’expliquer au peuple de quoi il en ressort, de mener campagne et de convaincre avec des arguments qui démontrent aux citoyennes et citoyens les intérêts et enjeux liés au projet.

Il ne faut pas avoir peur d’un Référendum, mais être conscient que celui-ci peut mener au refus du projet et aussi, en cas d’acceptation, lui apporter une légitimité accrue.

C’est pourquoi la campagne des parties favorables au projet doit accompagner celle des référendaires, car c’est un moment bien particulier du processus où une certaine lumière médiatique est donnée au projet contesté par certain-e-s. C’est aussi un moment du débat populaire où se forgent les premières opinions qui sont souvent difficiles à modifier.

Alors non, un Référendum n’est jamais « contre un projet », mais bien « sur un projet » qui se doit être explicité au peuple le plus en amont possible. Ce n’est pas en attaquant les référendaires que le projet se réalisera, mais en convaincant le peuple du bien fondé de celui-ci.

Qu’on se le dise …

 

Boris Calame, député au Grand Conseil et ancien Constituant

 

Quelques sources: 

La TDG, le 09 mai 2914 : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/mcg-lance-referen...

Le Courrier, Lundi 09 juin 2014: http://www.lecourrier.ch/120791/referendum_du_mcg_contre_...

Le Temps, Mardi 03 juin 2014 : http://app.letemps.ch/Page/Uuid/bfc70b9a-ea76-11e3-94a6-d...

Artos « le site romand du spectacle » : http://www.artos-net.ch/pour-que-vive-le-theatre-de-carouge et l’argumentaire du TCAG http://www.artos-net.ch/sites/default/files/files/Argumen...

Théâtre de Carouge : http://tcag.ch/le-theatre-et-vous/les-travaux/

La Ville de Carouge : http://www.carouge.ch/jahia/Jahia/accueil/pid/661

Vivre Carouge, n°60, février-avril 2014 : http://www.carouge.ch/jahia/webdav/site/carouge/shared/Cu...

… et il y a sans doute quelque part le Référendum …mais je ne l’ai pas trouvé ...

10/05/2014

Initiative de l'AVIVO, mais où va-t'on ..

Hormis ses erreurs grossières d'écriture (la carte journalière valable une heure) et la perte des avantages tarifaires pour les jeunes de 18 à 25 ans (tarifs adultes dès 18 ans), L'initiative 146 de l'AVIVO, dite «Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois!», nous promets la perte des avantages liés à l'unification tarifaire des différents transports publics de Genève.

Nous sommes actuellement dans la construction de notre réseau ferroviaire avec le CEVA, le redéveloppement de nos infrastructures de tram et le développement général des transports publics, qui doivent permettre de décharger quelque peu nos routes, soit aussi limiter autant que possible, les nuisances liées au trafic, que se soit en matière de bruit, mais aussi en polution de l'air que nous respirons, toutes et tous, quotidiennement.

Vouloir la rupture, telle que proposée par cette inititive, va entrainer une exclusion des TPG du système de tarification unique de la région genevoise (UNIRESO) et engendrerait une multiplication des tickets et autres abonnements à acquerir pour un déplacement donné, soit une augmentation drastique des coûts pour les usagers de transports publics régis par des opérateurs différents (TPG, CFF, ...).

A terme, prendre prendre par exemple le train à la Gare des Eaux-Vives jusqu'au Bachet, puis le tram pour accèder à la Zone indutrielle de Plan-les-Ouates, nécéssiterait l'acquisition de deux billets ou abonnements, l'un des TPG et l'autre des CFF. Est-ce vraiment cette complexification du système et, au final, une augmentation globale des coûts que l'on souhaite pour les usagers ?

C'est ici aussi une attaque frontale contre le CEVA. Cette initiative met en effet en péril l'attrait genéral de cette nouvelle infrastructure et nuit à terme au financement de son exploitation. En effet, pour ne pas payer deux titres de transports, force est de parier que bon nombre d'usagers se limiterons à un seul mode de déplacement ou plus justement un seul oppérateur, en délaissant l'offre incroyable qui devrait être mise à disposition d'ici fin 2019 et en saturant l'autre encore plus.

En votant non à l'initiative 146 de l'AVIVO, le 18 mai 2014, on assume l'avenir de notre mobilité et assure la réalisation d'un réseau cohérent au bénéfice des usagers des transports publics. C'est aussi une décharge proportionnelle des nos routes au bénéfices de toutes et tous.

Ne nous trompons pas de combat, votons alors non à cette initiative qui vise à détruire le développement de nos transports publics...



Boris Calame
Député au Grand Conseil de la République et canton de Genève

14/05/2013

Les Marchés genevois : une économie secondaire ?

imageVdeGE_©archigraphie.jpg

Dans le cadre des débats liés au financement des aménagements de la Plaine de Plainpalais (3e étape – Mail arboré), il est intéressant de se poser la question si les marchés genevois sont une économie secondaire ou alors bien réelle, dynamique et au service de Genève ?

Dans l’exemple de Plainpalais, il faut convenir que l’activité est importante, c’est 5 jours sur 7 que les marchands sont là pour accueillir les acheteurs, parfois peu présents les jours de mauvais temps, mais aussi plus présents les week-end et par beau temps. Les chalands, qu’ils soient acheteurs ou simples promeneurs, sont attachés à cet espace commercial de proximité, dynamique et de plein air.

Avec son développement, c’est trois jours du Marché des commestibles (mardi, vendredi et dimanche), avec de 50 à 100 marchands, et deux jours du Marché aux puces (mercredi et samedi), avec de 100 à 300 marchands.

Avec une affluence journalière, en semaine, de l’ordre de 4'000 personnes, les week-ends, c’est jusqu’à 10'000 visiteurs qui déambules entre les étales des commerçants, soit chaque semaine plus de 30'000 personnes qui gravitent autour des Marchés de Plainpalais.

Plainpalais c’est un haut lieu du commerce de proximité, notamment pour les commerçants et producteurs locaux. C’est aussi un lieu social, de rencontre et d’échange, ainsi qu’une destination de loisir et de détente, en effet, qui n’a pas été notamment « se balader aux puces » …

Enfin, Plainpalais, c’est un espace central avec un potentiel d’acheteurs considérable, facilement accessible à tout un chacun, c’est un lieu où les producteurs « des campagnes » peuvent retrouver les populations citadines.

Pour assurer le maintient de cette activité éconmique importante pour Genève, il est indispensable de finaliser rapidement l’aménagement de la Plaine de Plainpalais (voir communiqué de presse du GEIP) qui est et doit rester notre plus grand Centre commercial de proximité et de plein-air.

Qu’on se le dise …

 

 

Boris Calame designer et écologue indépendant

Coprésident du GEIP – Groupement des Entrepreneurs et Indépendants Progressistes

Candidat des Verts au Grand-Conseil 2013

 

 

Plus d’info :

Le site du GEIP :

http://www.geip.ch/soutien-à-lassociation-des-marchés-de-...

Les News de Yes-FM et Rouge-FM (12.05.2013) : http://buzzromand.rougefm.com/wp/blogredaction/2013/05/12...

La Tribune de Genève en ligne (13.05.2013) :

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/arbres-plainpalai...

La Tribune de Genève papier (14.05.2013) :

http://www.geip.ch/sites/default/files/2013.05.14%20TdG%2...

Source image d’illustration : Ville de Genève, ©archigraphie.ch

08/03/2013

Une forêt sur une Gare ?

Plateau de Champel: Est-ce qu’une Chênaie (forêt de Chênes) est vraiment réaliste et peut répondre aux attentes des riverains ?

chenaie_St_Germain.jpg

On peut effectivement se demander si la proposition, lauréate du concours*, d'aménagement extérieurs du Plateau de Champel, qui consiste à passer d’un espace ouvert (le parc-plateau), offrant certains dégagements, à un espace fermé (la forêt) par un « plafond » de branchages et feuillages, peut correspondre aux attentes des riverains, qu’ils soient habitants, commerçants ou encore simplement de passage.

J’ai toujours en tête, comme première illustration, le résultat du concours d’aménagement du Parc Baud-Bovy (entre Uni-Mail et l’Arsenal) et son développement, qui est à regarder de plus près un échec patent … d’un principe à priori sympathique de la création d’une « tonnelle urbaine », on en est arrivé à « offrir » un aménagement purement conceptuel et durablement raté. C’est en tous les cas ce que vivent les riverains, qu’ils soient étudiants, habitants ou encore usagers de cet espace.

Sommes-nous alors partis dans une reproduction, à plus grande échelle, d’un concept irréaliste ? C’est ce que l’on peut imaginer en découvrant le projet lauréat du concours, lancé par la Ville de Genève, pour les aménagements extérieurs du Plateau de Champel en vue de l’aménagement de la Station souterraine du CEVA « Champel-Hôpital ».

Est-ce que seulement les concepteurs et jurés ont déjà visités une Chênaie ? On peut en douter à voir le projet lauréat .... à peine esquissé. Planter une forêt, de plus de Chêne, au milieu d’un espace requalifié, porte d’entrée d’une nouvelle Gare, me semble aller totalement à l’encontre des souhaits exprimés (ou pas encore) par les riverains.

En effet, une forêt est un espace « fermé » de part le jeux des branchage et feuillages, un espace avec une dynamique particulière, notamment en matière de luminosité et de pluviométrie qui atteignent le sol. C’est alors un sol relativement sec et ombragé, où seules certaines végétations, de type forestières, ont la capacité de se développer. C’est aussi un milieu récepteur qui reçoit, tout au long de l’année, les feuilles et branches qui se détachent des arbres en surplomb.

Imaginons un peu la production de biomasse (humus) à l’année, d’environ 120 à 150 chênes prévus sur le Plateau … Nous aurions alors, en quasi permanence un « tapis » de feuilles et d’innombrables glands disséminés dans cet espace public. D’autre part, il faut savoir que le volume du système racinaire d’un arbre correspond, plus ou moins, au volume des branchages. Est-ce que le sol existant est à même de subvenir aux besoins de cette espèce végétale, j’ai quelques doutes en la matière.

Certes ces chênes auraient une taille moindre à la plantation, soit environ 5 mètres pour un arbre de 20 ans, mais ils devraient grandir pour atteindre près de 15 mètres (équivalent de 5 étages) après 20 années supplémentaires … les plus vieux spécimens (env. 100 ans) peuvent atteindre les 30 mètres.

Les riverains et usagers du plateau de Champel, comme d’autres pour d’autres lieux à l’exemple du Parc Baud-Bovy, escompteraient sans doute la réalisation d’un Parc public, où il fait véritablement bon vivre, et non d’une forêt conceptuelle.

Qu’on se le dise.

 

Boris Calame

 

* Les résultats du concours sont connus et exposés jusqu’au 16 mars au Forum Faubourg. Le rapport du jury avec les planches de projet sont consultables ici 

04/03/2013

IN 146 « Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois », quelle gueule de bois !

Le peuple à toujours raison, mais peut-être qu’il aurait été bon de mieux expliquer l’initiative et surtout, les erreurs et omissions patentes qu’elle comporte. La carte journalière valable une heure, proposée à sfr. 10.-, est déjà un non sens, mais « oublier » le tarif « Jeunes » est un pur scandale.

Certes, pour les acteurs de la mobilité, mais aussi les partis politiques, il était évident qu’avec ces quelques éléments, la population n’allait pas se faire avoir par cette initiative … et non, le peuple s’est trompé. Par dépit, il a voté pour un concept/titre fort sympathique « Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois », sans appréhender la réalité du texte.

L’adoption de cette initiative est bien un échec collectif. Les votations du 3 mars 2013 ont focalisé, à Genève, sur la fusion des Caisses de pension publiques genevoises et, au niveau fédéral, sur l’initiative Minder. Nous avons une responsabilité commune, de ne pas avoir su ou pu expliciter correctement à la population les risques liés à l’adoption de cette initiative.

Dans cette initiative, lorsque l’on parle des Transports publics genevois, s’agît-il bien des seuls « TPG. Si c’est bien le cas, nous allons nous retrouver avec plusieurs tarifs distincts, soit ceux de la communauté tarifaire UNIRESO (évolutifs, notamment lors de l’arrivée du CEVA) qui englobera certains services et ceux des TPG (fixés par la loi) à service limité. Quid alors du transferts des activités de TPG à un autre opérateur ou, plus simplement, du changement prochain de nom de cet opérateur, pour contourner cette nouvelle loi ?

Le plus grand scandale, c’est bien évidemment d’avoir « oublié » le tarif « Jeunes ». J’ai souvenir que déjà au lancement de l’initiative, il avait été annoncé, par l’ensemble des milieux avertis, aux initiants qu’il y avait un problème et qu’ils devaient modifier leur initiative. Et bien non, cette initiative s’adressait « en priorité » à une population donnée, les jeunes n’étant visiblement pas une priorité !

A ce jour, il existe deux tarifs : le tarif « Junior » est en général distinct et plus avantageux que le tarif « Jeunes ». L’âge de transition entre ces tarifs est variable selon les opérateurs. Pour certains le cap se situe à 16 ans, à l’exemple des CFF ou encore de CarPostal, pour d’autres c’est 18 ans, à l’exemple (encore valable) des TPG ou d’UNIRESO. Communément, la notion de « Jeune » s’entend au minimum de 18 à 25 ans, toutefois, dans certains domaines, cela peut aller de 18 à 30 ans, le cas échéant les avantages sont attribués selon le statu du demandeur (étudiant, apprenti, …).

Si, dans le cadre d’UNIRESO, les opérateurs de transports trouvent moyens de s’arranger (ce qui est de loin pas acquis), à chaque révision de tarifs des TPG, une incertitude économique et politique sera présente … les blocages décisionnels et stratégiques de nos opérateurs sont annoncés, notamment en matière d’investissements !

On entend maintenant de certain qu’il faut modifier cette loi, alors même que vient d’être approuvée par 55.8% des électrices et électeurs, ne serait-ce pas un sacré précédent ? On pourrait évoquer la notion de stabilité du droit ou, peut-être plus justement, de respect de la volonté populaire. Qu’en sera-t-il dans le cadre des débat parlementaire qui de part sa majorité, il faut le rappeler, n’a pas souhaité proposé de contre projet à cette initiative falacieuse.

Alors, d'un vote sanction à une abomination, ce n’est en tous les cas pas ce type d’initiative qui permettra de faire progresser le taux d’utilisation, la qualité et l’offre des Transports publics [genevois] et, encore moins, de créer une image positive de ceux-ci … ce bien malgré eux !

Qu’on se le dise …

 

Boris Calame