04/06/2011

A la Constituante : Retour sur la Consultation …

Quoi qu'en disent les « ténors » prétendus de la Constituante « tout va pour le mieux sous le soleil, la Constituante travaille tel un Parlement » ... Il faut noter qu'en fait, elle à plutôt tendance à s'enliser ...

La non publicité des débats de commission limitant passablement les possibilités de s'exprimer, trois faits intéressants et publics me semblent exprimer assez clairement l'esprit de la majorité de cette Assemblée (les rapports de commissions qui devraient être publiés cet été, démontreront la pertinence de mes propos) :

 

1)     La décision de ne pas rendre accessible au public, via internet, les prises de position des organismes (autorités, fédérations, groupements et autres associations) qui ont participés à la consultation de l'avant-projet de nouvelle Constitution pour Genève.

Toutes ces données restantes accessibles aux Constituantes et Constituants, via intranet, mais pas au public ... C'est sans doute aussi par la publicité de la prise de position des organismes et de la suite qu'elle en donnera que l'Assemblée aurait pu retrouver un peu de crédibilité et donner l'impression de vivre un peu moins en vase clos.

En effet, indépendamment des convictions des uns et des autres, il est tout à fait intéressant d'avoir une lecture « experte » sur des articles constitutionnels, contenus dans cet avant-projet, pas toujours évidents à déchiffrer.

A noter alors que la FAGE (Fédération associative genevoise) a décidé d'y remédier en permettant à chaque organisme de lui envoyer sa position (contact@associationsdegeneve.ch), celles-ci seront alors rendues accessibles, sans restriction, sur le site des Associations de Genève (www.associationsdegeneve.ch)

 

2)     La position et l'analyse du groupe « Libéraux et indépendants » à la Constituante, publié sur son Blog le lundi 30 mai 2011, illustre parfaitement l'esprit et les divergences qui règnent à la Constituante.

Il est bien beau, mais sans aucun doute insuffisant de proclamer « haut et fort » que le texte de l'avant-projet est « presque parfait ». Il ne s'agira pas d'argumenter sur un extrait de la Consultation (« C'est sur les réponses de l'échantillon de la population [437 personnes sur 1'000 consultées] que nous nous concentrons particulièrement, ... »), pour convaincre en 2012 la population de la prétendue qualité du texte.

Mais en plus se limiter à l'analyse d'une partie des 27 questions, péniblement émises par le Bureau de l'Assemblée, dont certaines bien tarabiscotées ou sans lien effectif avec le texte proposé à la Consultation (plus de 200 articles), est difficilement justifiable et extrêmement réducteur. Peut-être là l'expression d'une volonté de s'asseoir sur les autres résultats de la consultation, notamment la position des 310 organismes qui ont participés et, souvent, de façon très détaillée.

La remarques suivante semble confirmer cette position qui pourraient être considérée comme « autiste » : « Les commentaires reçus dans le cadre de la consultation (en dehors du questionnaire) confirment un certain nombre de critiques exprimées à l'encontre de l'avant-projet et suggèrent quelques solutions qui renforceraient le soutien au projet », où alors il n'est là que stratégie concoctée par une droite persuadée que ses valeurs priment sur toutes autres.

En effet, en l'absence d'autres positions exprimées par la droite, on peut bien imaginer que celle-ci fait office de position de l'entier des groupes représentés, ainsi unis comme les doigts d'une mains, depuis le printemps 2010 (Libéraux et indépendants, Radicaux ouverture, PDC, MCG et G[e]Avance), la surprise venant (parfois) du groupe UDC qui visiblement tient à garder sa marge de manœuvre ...

 

3)     Il est enfin intéressant de voir la liste (publique) des organismes qui ont participés à la Consultation. Un exemple tout à fait intéressant est celui de la participation en force des milieux « économico-politiques » domiciliés à la FER (Fédération des entreprises romandes), dont certaines prises de position (non publique) sont rigoureusement identiques, avec toujours une signature commune, à l'exemple de :

  • le Trade Club de Genève,
  • la Fédération du commerce genevois,
  • la Fédération économique du centre-ville Genève,
  • l'Association genevoise des détaillants en textiles,
  • l'Association genevoise des entreprises d'entretien des textiles,
  • l'Association genevoise des fabricants d'articles en cuir,
  • l'Association genevoise des fabricants et grossistes en textile et accessoire et
  • l'Association genevoise des marchands de chaussures et maroquiniers

Mais aussi bon nombre d'autres positions qui se répondent presque comme des « polycopiés ». Serait-ce là l'expression d'une implication constructive, forte et nouvelle de ces milieux dans nos travaux ? Non bien sûr, je suis trop naïf, cela doit être simplement le hasard et la conjonction de points de vues !

 

Quoi que l'on veuille en dire ou en penser, en 2012, il faudra beaucoup de conviction pour espérer faire accepter une nouvelle Constitution pour Genève, par les genevoises et genevois !

L'engagement des uns et des autres dans la campagne démontrera alors si il s'est agît d'un exercice alibi, où certains se sont passablement amusés et qui aura coutés de trop nombreux millions aux contribuables genevois, ou un véritable projet pour Genève.

Il est encore évident que ce n'est pas en faisant [les uns] contre [les autres], mais bien [tous] ensemble, que l'on pourrait envisager obtenir un texte qui fédère plutôt que divise ... toutefois à ce jour, je ne suis pas sûre qu'il s'agisse là d'une logique ou volonté véritablement partagée.

 

Il est peut-être encore temps de relever la barre ... qu'on se le dise !!!

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

 

 

PS : Un regret enfin, que le Blog « Une nouvelle Constitution pour Genève » de Jean-François Mabut, responsable des blogs de la Tribune, se soit endormi le 9 mars 2011 ... es-ce à comprendre que ces observateurs de la scène politique genevoise, n'y croient plus et n'entendent ainsi plus y consacrer trop d'énergie ?!

15/05/2011

Prix et bourse du développement durable 2011, le palmarès est connu !

P&B_DD_2011.jpg

La cérémonie de la dixième édition du concours du prix et de la bourse cantonaux du développement durable a eu lieu ce vendredi 13 mai 2011. Pour la troisième année consécutive, j'ai eu l'honneur de présider le jury du concours et participer à ses décisions (m/discours du 1305.2011) qui ont permis de primer les réalisations et projets de sept candidats :

 

Prix 2011 du développement durable :

  • L'entreprise Demonsant a développé son système « ecopotable » qui permet d'assurer aux fontaines à écoulement non-permanent une qualité bactériologique irréprochable (www.ecopotable.ch).
  • L'association Bio Genève a développé un système de « cultures associées » qui permet de semer, élever et récolter deux cultures ensembles. Ce système assure la production locale de fourrage Biologique, pour les poules et les porcs, ainsi qu'un rendement supérieur.

 

Mentions (prix) 2011 du développement durable :

  • Depuis 15 ans, la fondation et le magasin « Le Ballafon » sont particulièrement impliqués en matière de commerce équitable à Genève (www.leballafon.ch).
  • Le magasin en ligne « Espace-terroir » permet de commander et composer des paniers issus de l'agriculture de proximité et/ou Biologique. On peut aussi (re-)découvrir des anciennes variétés accompagnées de recettes originales (www.espace-terroir.ch).

 

Bourses 2011 du développement durable :

  • Le projet « Voltitude » qui est un concept de vélo pliable et électrique novateur, au look de « couteau suisse ». Avec son système de pliage unique, il s'assure d'un encombrement extrêmement réduit, à l'image d'une valise debout (www.voltitude.ch).
  • Les snacks « OU BIEN ?! » qui offrent une nouvelle solution de « grignotage » sains, pratiques et avec des produits naturels de proximité. Des « pépites » de pommes ou poires Bio séchées en sont la matière premières et unique (www.ou-bien.ch).
  • Le projet « Terrabloc » est un système de compactage de terres qui, additionnés d'un liant (chaux ou ciment), permettent de bâtir in-situ avec la terre d'excavation (www.terrabloc.ch) .

 

Magnifique palmarès que je vous invite à découvrir sur le Web ou via la brochure éditée spécialement à cette occasion. Plus d'informations sur www.ge.ch/agenda21.

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Président du Jury du prix et de la bourse cantonaux du développement durable 2011

10/05/2011

Cherpines-Charrottons : Que l’Etat fasse des projets pour loger la population est une évidence, mais de là à ce que l’on nous manipule …

Contrairement à ce qu'affirment le Blog de Laurent Seydoux et le site urgence-logement, la densité d'habitants projetée sur l'entier du secteur Cherpines-Charrottons est bien moindre que celle de la Ville de Genève (env. -20%).

En en effet, en Ville de Genève, toutes les infrastructures nécessaires à la cohésion sociale sont en place (logements, salles de spectacles, terrains de sport, parc publics, écoles, crèches, commerces, activités et infrastructures), comme cela devrait être le cas aux Cherpines-Charrottons.

Ce secteur, dans la dernière version « annoncée » du projet prévoit 6'500 habitants, 3'000 logements et 4'000 emplois sur 58 hectares, soit 112 habitants/hectare, 52 logements/hectare et 69 emplois par hectares, soit un cumul de 181 emplois et habitants/hectare.

En Ville de Genève, le ratio est de 131 habitants/hectares (+17%), 71 logements/hectares (+37%) et 107 emplois/hectare (+55%), soit un cumul de 237 emplois et habitants/hectare (+31%).

Si l'on voulait appliquer (véritablement) le même ratio, que celui existant en Ville de Genève, au secteur Cherpines-Charrottons, il faudrait annoncer au minimum :

7'598 habitants, pour 4'118 logements et 6'206 emplois sur ces 58 hectares

Mais la crise du logement étant ce qu'elle est à Genève, il faudrait bien s'appliquer à modifier le ratio en conséquence. En diminuant le nombre d'emploi à « seulement » 4'000, on devrait parvenir à réaliser 4'500 logements pour 9'700 habitants.

On pourrait aussi réduire la zone d'activité et industrielle, le cas échéant la zone sportive, pour permettre au final à 10'000 à 12'000 habitants d'y loger.

Sur la base des mêmes statistiques que les promoteurs du projet (source office cantonal de la statistique), il est démontré que le potentiel de construction de logement aux « Cherpines-Charrottons » n'est absolument pas réalisé. Si inclure le Lac dans les statistiques comparatives peut manquer de bon sens, dans le cas présent c'est au minimum une belle façon que les promoteurs du projet ont de manipuler les chiffres.

Que l'Etat s'engage dans des projets de qualité, qui répondent à l'urgence et à la pénurie de logements, est évidemment d'une grande priorité. Mais de là à nous annoncer fièrement que sur pareille surface on va réaliser 3'000 logements, il y a un pas que je n'aurais pas osé franchir.

Le choix du vote ne me semble plus à démontrer, la manipulation n'a jamais servi les chiffres, elle doit alors servir des intérêts bien particuliers, fortement liés à ce projet ... (?!).

 

Boris Calame Designer sgd et écologue, Constituant

 

D'autres informations sont aussi disponibles sur le site des référendaires : www.plainedelaire.ch

09/05/2011

Cherpines-Charrottons – Un véritable problème de mobilité et un des premiers défis pour Genève

Pour répondre aux défis qu'engendrent les besoins liés à l'augmentation de la mobilité, nous sommes entrain de (re-)construire à Genève un réseau de transports publics digne de ce nom.

 

Les infrastructures de transports publics lourdes et à forte capacité, que ce soit les nouvelles lignes de tram (TCMC Tram Cornavin - Meyrin - Cern / TCOB Tram Cornavin - Onex - Bernex) ou le CEVA (liaison ferroviaire Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse), structurent notre territoire.

 

Pour ne pas étouffer dans l'immobilisme motorisé, les projets d'aménagement du territoire doivent, comme prérequis, prendre en considération ces infrastructures pour définir les (nouveaux) quartiers à développer, le cas échéant à densifier, afin d'accueillir de nouveaux logements.

 

C'est bien le long de ces infrastructures existantes ou (réellement) prévues qui faut déclasser, ce plus particulièrement dans un secteur de 300 à 500 mètres des arrêts qui correspondent à la zone d'influence reconnue. Il faut y développer des zones mixtes, denses et vivantes, qui puissent y accueillir suffisamment d'habitants pour assurer la pérennité et la viabilité d'activité de proximité.

 

Des secteurs à envisager sont alors très certainement la route de Chêne, avec notre ligne de tram « historique » et le développement en parallèle du CEVA, la route de Meyrin (TCMC), la route de Chancy (TCOB), et sans doute la route de Saint-Julien avec la venue souhaitée du tram Bachet - Saint-Julien, dont le financement pour sa partie Perly - Saint-Julien est dors et déjà assuré par le gouvernement français.

 

Dans le cas du déclassement du secteur Cherpines-Charrottons, est-il encore possible de prévoir un nouvel aménagement sans prévoir en amont un plan de mobilité et/ou un accrochage réel sur une desserte performante de transports publics ? Ce poser la question est y répondre ...

 

En effet, depuis fin avril, le projet d'aménagement de ce secteur annonce la venue du tram au cœur même de ce « nouveau » quartier, par une sorte de « virgule » (en rose), alors même que le tracé officiel n'a pas été arrêté à ce jour. En effet, deux variantes concurrentes sont possibles pour rejoindre Saint-Julien, soit par la route de Saint-Julien (depuis le Bachet) ou par la route de Base (depuis Pont-Rouge ?).

 

Plan_amenagement_Chepines.jpg

 

 

Pouvons nous encore nous permettre de prévoir des infrastructures lourdes, qui devraient être directes, rapides et performantes, en prévoyant des tracés « opportunistes » qui, de fait, se feraient au détriment de la liaison et la déserte de secteurs prépondérants que sont Carouge, Plan-les-Ouates, Saint-Julien et la ZIPLO (Zone Industrielle de Plan-Les-Ouates) ?

 

Si nous voulons des transports publics attractifs et performants, qui sachent séduire les pendulaires et puissent être rentabilisés, il est indispensable d'assurer un tracé optimum et, ainsi, une vitesse commerciale digne de ce nom.

 

N'inversons pas les priorités, pour un aménagement du territoire fonctionnel, il est primordial que ce soit  les lignes de transports publics qui le structure et non l'implantation de quartier « hors-sol » et déconnecté de la réalité.

 

Il n'est pas trop tard pour agir, le 15 mai 2011, refusons le déclassement des Cherpines-Charrottons, c'est sans doute le seul moyen de mettre l'Etat face à ses responsabilités et aux enjeux liés au financement de cette déserte. Nous pourrons ainsi nous assurer de la réalisation rapide et la présentation d'une étude de mobilité pour la région Lancy - Plan-les-Ouates - Saint-Julien, qui démontre la pertinence d'un tracé, quel qu'il soit. Il sera alors tout temps d'envisager (ou pas) un déclassement.

 

 

Boris Calame Designer sgd et Ecologue, Constituant

Vice-président de la Coordination Transports et Déplacements (CTD)

 

 

D'autres informations sont aussi disponibles sur le site des référendaires : www.plainedelaire.ch

05/05/2011

Déclassement des Cherpines – Information factuelle versus propagande immobilière - Lettre ouverte à Philippe Roch

Cher Philippe Roch,

 

C'est avec stupeur que j'ai découvert ta position pro-déclassement du secteur de la Plaine de l'Aire, dit des Cherpines-Charrottons (annonce publicitaire, TDG 30.04.2011).

 

Défenseur de l'environnement, tu y affirmes que toutes les infrastructures ont été étudiées (...) pour réaliser un écoquartier. Soit, tu as été intoxiqué par quelques pros-déclassement, soit ton propos est intéressé ?!

 

En effet, dans le cadre d'un projet de déclassement et encore plus dans le cas présent et la loi qui est proposée au peuple ce 15 mai 2011, il n'est pas possible d'affirmer pareil propos, ce que tu sais pertinemment, toi qui a été éminent Directeur de l'OFEFP (Office Fédéral de l'Environnement, des Forêts et du Paysage).

 

Même dans le projet d'urbanisme qui semble lié, il peut y avoir des intentions générales, mais en aucun cas des détails comme tu l'affirmes. On le voit très simplement, il y a quelques jours encore, le projet d'une éventuelle liaison du tram vers Saint-Julien passait exclusivement sur la route de Base, maintenant il s'annonce comme une pénétrante au cœur du quartier projeté, en défavorisant de fait la déserte de la ZIPLO (Zone Industrielle de Plan-les-Ouates).

 

Dans le cas présent, le terme d'écoquartier est galvaudé, il ne repose sur aucun critère chiffré ou factuel. Certes, réaliser des bâtiments de type Minergie est bien, mais cela n'en fait pas pour autant un écoquartier. Gérer l'eau, non pas l'approvisionnement mais bien l'évacuation, est simplement une obligation légale.

 

Toutes les données contraignantes actuelles ne donnent aucun garantie de quoi que ce soit, si ce n'est qu'un quart de la surface (13 hectares sur les 58 déclassés) sera dévolue à une zone industrielle et d'activité supplémentaire ... alors que celles-ci sont largement sous-densifiés (ni complètes, ni optimisées) et que l'on ne manque pas de locaux commerciaux et d'activité à Genève, mais bien de logements !

 

Pour ce qui en est de la position du WWF, elle est sans ambiguïté ...

Position WWF - Cherpines-Charrottons.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En soutenant clairement le NON (en l'état) à ce déclassement, tu répondrais plus justement aux défis de l'aménagement de notre canton pour ce XXIe siècle.

 

Dans l'attente, bien à toi.

 

Boris Calame

Designer SGD et écologue, Constituant

 

D'autres informations sont aussi disponibles sur le site des référendaires : www.plainedelaire.ch