15/12/2010

Incroyable : Des honoraires à 10'000.00 € de l'heure ...

Selon la TDG du 15.12.2010 (page 23)*, un avocat genevois Me J. P. a touché 10 millions d'Euro d'honoraire pour la succession de Gianni Agnelli (1'186 millions d'Euro). Condamné par le tribunal arbitral de Genève à rétrocéder 60% de cette somme, considérée « certainement comme abusive », il ne devrait en garder « que » le 40%, soit 4 millions d'Euro, pour quelques 1'000 heures de travail ...

Allons donc et sans calculette, nous disions donc, après rétrocession, « plus que » 4 millions d'Euro divisé par 1'000 heures, cela nous amène à un tarif horaire de 4'000.00 € ... soit plus de 5'000.00 Sfr./heure ... en lieu et place des 12'500 Sfr./heure facturés initialement ...

Il est reconnu que l'accès aux prestations des avocats n'est pas donné à tout le monde, mais là, même si la cliente dans un premier temps était contente de la prestation et en avait certainement les moyens, il faut constater que pour certains avocats, en matière de déontologie, il n'y a pas de « petits » profits ...

 

Boris Calame, Constituant

 

* http://www.tdg.ch/geneve/actu-geneve/avocat-rendre-8-millions-cliente-2010-12-15

25/11/2010

Impôts équitables, infos ou intox … ?

Pas facile de comprendre, au travers des lois ou barèmes, comment les individus et entreprises sont taxés en suisse, toutefois il est bien certains que toutes les sources objectives confirment que l'initiative pour des impôts équitables, proposée au vote ce week-end, ne touchera qu'une toute petite minorité de nantis, légalement domiciliés dans certains cantons, paradis fiscaux de la suisse.

 

Plusieurs articles de notre presse quotidienne permettent de se forger une opinion objective, sans se faire avoir par la puissance de campagne des lobbies de riches profiteurs, individus ou entreprises, domiciliés dans quelques paradis fiscaux de la Suisse (Le Matin - La Tribune de Genève). D'autres contributions peuvent permettre aussi d'y contribuer à l'exemple du Blog de Pascal Décaillet, que l'on ne peut cataloguer de gauchiste, ou encore d'un Christophe Schouwey, qui dénonce dans « Domaine public » les tromperies du journal « Le Temps » et qui à réussi à obtenir un rectificatif en la matière ...

 

Ce qui est intéressant de lire dans ces quelques contributions (il existe de nombreuses autres sources pour s'informer sur ce sujet), c'est que les cantons romands ne sont absolument pas concernés par cette adaptation et harmonisation de l'imposition. Cette loi fiscal s'attaquant en effet exclusivement aux paradis fiscaux de quelques cantons qui vivent au détriment de leurs voisins, notamment en profitant des infrastructures collectives réalisées et entretenues par ces derniers.

 

Ce qui m'interpelle le plus, c'est l'intoxication à laquelle nous sommes toutes et tous soumis dans le cadre de cette campagne, notamment par les annonces dans la presse du Comité « Non à l'enfer fiscal ». En effet, prétendre et illustrer que l'impôt devrait augmenter pour tous est mensonger et pas du tout dans l'esprit du texte constitutionnel mis au vote.

 

C'est la/les loi/s et les barèmes fiscaux qui en découleront qui détermineront la courbe et la progression de l'imposition. Si la volonté des Parlements était d'imposer plus fortement les bas revenus et la classe moyenne, cela se saurait ...

 

Alors, ne nous trompons pas de cible, la solidarité nationale et l'autonomie des cantons vont de paire. Il ne faut pas les brader, mais bien s'assurer d'un minimum d'égalité de traitement et c'est pour ces raisons qu'il faut soutenir cette loi.

 

Pour une économie durable et juste, les commerçants, patrons et entrepreneurs membres du GEIP* soutiennent cette loi et vous encouragent vivement à participer à ce scrutin, afin de lutter contre la concurrence déloyale et le tourisme fiscal.

 

 

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Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du comité du GEIP - Membre de l'Assemblée constituante genevoise

 

 

* Le GEIP - Groupement des Entrepreneurs et indépendants Progressistes - défend les valeurs d'une économie durable et juste. Il se soucie des droits sociaux et de la protection de l'environnement, ses membres démontrent au quotidien qu'une économie responsable est possible.

 

Plus d'information sur le site du groupement : www.geip.ch

23/11/2010

Tu reprendras une part de gâteau ?

Nous l'avons compris, autour de la position explicite des représentants de l'économie, le projet mis au vote ce week-end pour « harmoniser » les horaires d'ouverture des magasins (LHOM) est clairement défini pour augmenter la part de marché des hyper-centres et autres centres commerciaux !

 

Mais le gâteau n'est pas extensible, les parts seront alors plus grandes pour certains (les plus grands, implantés en périphérie) et bien plus petites pour d'autres (les plus petits, ceux qui sont de proximité et qui font la vie des quartiers).

 

Dans les débats relatifs à cette votation, on trouve en effet les ardents défenseurs du OUI, issus de l'économie des hyper-centre et centres commerciaux, et les opposants que sont les petits. Ces derniers, qu'ils soient patrons ou employés, ont des raisons évidentes et légitimes de s'y opposer, ils ont effet beaucoup à perdre, car si cette loi dite « d'harmonisation » devait passer, elle se fera à leur détriment et, par cascade, au détriment réel des consommateurs, citoyens et contribuables genevois.

 

En quelques points, de bonnes raisons de refuser ce miroir aux alouettes :

 

  • Pour les employés : Augmentation de la plage horaire de disponibilité « dû » à leur employeur, plus grande incertitude dans l'organisation des journées et soirées, arrivées très tardive au domicile, péjoration drastique du lien familial et du cadre éducatif, ...
  • Pour les commerces de proximité : Réduction du chiffre d'affaire, perte d'attractivité, augmentation de la durée des journées de travail, disparition programmée de bon nombre, ...
  • Pour les consommateurs : A court terme perte de nombreux commerces de proximité par report de la consommation dans les hyper-centres, perte du lien social en l'absence des commerces de quartier (à l'exemple des quartiers qui ont perdus leur poste), fermeture de bistrots qui auront perdu en attractivité par la disparition des commerces de proximité, augmentation des trajets pour les achats quotidiens, ...
  • Pour les citoyens : Augmentation de l'insécurité et perte d'animation dans les quartiers par la disparition des commerces de proximité, augmentation des jeunes dans la rue qui se retrouveront sans encadrement parental, perte d'attractivité du centre-ville au profit des hyper-centre de périphérie, augmentation en soirée des nuisances liées à l'activité des hyper-centres, ...
  • Pour les contribuables : Augmentation des impôts pour assurer les services nécessaires à ces prolongations (mise en place d'un accueil des enfants en soirée, augmentation à perte de l'offre des transports publics pour la période de prolongation des horaires, décalage en soirée de l'ensemble des services liés), ...

 

Pour une économie durable et juste, les commerçants, patrons et entrepreneurs membres du GEIP* s'opposent à cette loi et vous encouragent vivement à participer à ce scrutin, afin de préserver nos commerces de proximité et la vie dans nos quartiers.

 

 

GEIP_ouverture-magasins_NON.jpg

 

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du comité du GEIP - Groupement des Entrepreneurs et Indépendants Progressistes

 

 

* Le GEIP Groupement des Entrepreneurs et indépendants Progressistes défend les valeurs d'une économie durable et juste. Il se soucie des droits sociaux et de la protection de l'environnement, ses membres démontrent au quotidien qu'une économie responsable est possible.

 

Plus d'information sur le site du groupement : www.geip.ch

26/10/2010

Quartiers durables – Colloque international à Genève

Le 16 novembre 2010 aura lieu à Genève (Palexpo) un évènement unique et exceptionnel:

"Colloque WWF: Tout savoir sur les Quartiers durables, objectifs, mise en œuvre et bilan".

 

 

Quartiers-durables_16-11-2010_Geneve.jpg

 

 

Ce colloque, au format résolument interactif, tentera d'apporter des réponses aux questions que se posent élus, administrations, et architectes-urbanistes:

Comment faire?

Quelles sont les difficultés?

Les solutions existantes?

 

Il s'agira là de faire un point de situation au travers de réalisations et de projets concrets, dont:

Mata de Sesimbra (Portugal)

Hammarby (Suède)

Lyon Confluence (France)

Communaux d'Ambilly (Genève)

 

Toutes les informations (programme, formule d'inscription, documents thématiques) sont sur le site du WWF Genève, à l'adresse "http://wwf-ge.ch/".

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du comité du WWF Genève

 

 

25/10/2010

A la Constituante : Pour une constitution parlementaire ?

Dans la situation d'impasse dans laquelle se trouve l'Assemblée constituante (absence de consensus, majorité de circonstance, votes bloqués, ...), la frustration de nombreux élu/e/s et l'opposition de tous bords grandissante ... l'annonce du groupe « Radical ouverture » (TDG des 23-24.10.2010, page 14), qui « réclament une réunion d'urgence avec les partis gouvernementaux pour en finir avec les blocages », pourrait être saluées ...

De fait, cette annonce est bien trompeuse et dénature totalement l'esprit de la loi constitutionnelle (Projet de loi 9666-A*) qui a instauré l'Assemblée constituante, par votation populaire du 24.02.2008.

En effet, le point central du débat parlementaire et de la campagne qui a suivit était de créer une véritable entité indépendante, diversifiée et ouverte à la société civile, notamment en réduisant le quorum à 3%.

A ce titre, il est tout à fait intéressant de lire le Mémorial du Grand-Conseil du 04.05.2007 et la prise de position des Radicaux, par la voix du député Gabriel Barrillier :

 

(...). Chers collègues, qu'est-ce qu'une constitution ? Est-ce un beau parchemin rédigé par d'éminents constitutionnalistes et destiné à être présenté dans un musée ? Non, bien sûr ! Une constitution, c'est un contrat social, c'est la manifestation de la volonté collective des citoyennes et citoyens qui veulent vivre dans une société avec des institutions qui fonctionnent. Dès lors, la révision de cette constitution ne doit pas être le fait, bien que leur aide soit véritablement importante, que des experts ! Il faut qu'elle soit la manifestation de cette volonté collective. (...). Le projet qui sort de la commission est un bon projet, parce qu'il va permettre notamment d'élire une constituante qui représente un éventail le plus large possible de la société civile. Car je pense que cette constituante ne peut pas être réservée qu'à une minorité de forces politiques et économiques, et c'est là toute la discussion, je crois, qui a eu lieu sur le quorum pour élire les représentants à la constituante. (...).

 

Mais il est vrai que les stratèges de droits ont pris une décision lourde de sens, ils ont choisis (et les groupes ont suivis) une solution de verrouillage destructif, alors même que tout était en place pour de véritable débats constructifs, des personnes motivées, intéressées et porteuses de parcours diversifiés.

Ce que propose donc maintenant le groupe « Radical ouverture » est  de discuter en catimini avec les seuls groupes gouvernementaux (donc présents au parlement ?!). Soit bannir la société civile des débats, qui auront lieu en dehors des structures de l'Assemblée.

Pourtant, tout au long du processus d'élaboration (parlement) et de mise en place de l'Assemblée (élections), il était en aucun cas question de faire une « Constituante parlementaire », mais bien une « Constituante » ouverte qui puisse mener à une « Constitution pour Genève et le XXIème siècle ».

C'est regrettable de voir l'esprit qui prône actuellement à la Constituante, que de vouloir se débarrasser de groupes** qui ont toute leur légitimité, et représentent bien plus que certains voudraient le croire, en matière de formation de l'opinion et d'expression de la volonté publique ...

Qu'on se le dise ....

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

 

 

* Projet de loi constitutionnelle n°9666-A, proposant la modification de la Constitution genevoise (A 200), pour « Une nouvelle Constitution pour Genève ». Déposée le 19 septembre 2005 par Mmes et MM. Pascal Pétroz (PDC), Véronique Pürro (SOC), Claude Aubert (LIB), Mariane Grobet-Wellner (SOC), Antonio Hodgers (VER), Jean Rossiaud (VER), Anne-Marie von Arx-Vernon (PDC)

** En limitant le débat aux groupes gouvernementaux, devraient être exclus 22 élu/e/s, soit le 27.5% de l'Assemblée (Associations de Genève : 3 / AVIVO : 9 / Genève Avance : 6 / SolidaritéS : 4).