06/07/2010

Achats de jour, achats de nuit …

Le référendum sur la loi d’ouverture des magasins (LHOM – I 1 05 – du 17.06.2010) est lancé depuis le 30 juin 2010, pour un dépôt au plus tard le 09 août 2010, par un comité référendaire* (FAO n°073 du 30.06.2010, page 2) composé de pas moins de 18 structures, dont la gauche et les syndicats, mais aussi l’association des marchés ou encore le GEIP Groupement des entreprenuers et indépendants progressistes.

Mais pourquoi donc vouloir faire voter sur un sujet qui pourrait à premier abord faciliter la vie des citoyennes et citoyens genevois, en allongeant en soirée les heures de fermetures ordinaires des magasins, respectivement à 20h00 la semaine et 19h00 le samedi ?

Quelques arguments du GEIP contre la LHOM :

· Profite principalement aux grands magasins au détriment du commerce de proximité et des marchés hebdomadaires

· La consommation n’est pas un « art de vivre » et les centres commerciaux ne doivent pas remplacer la place du village

· Participe à l’effritement de la sphère familiale

· Ne fait que conforter et justifier des pratiques de travail délétères, heures supplémentaire à rallonge et non payées, travail fragmenté, sur appel, du soir et du week-end

 

A cela viendra s’ajouter des besoins complémentaires, qu’il faudra bien financer, notamment en matière d’accueil et d’encadrement des enfants en soirée. En effet, trop souvent les parents sont dits « démissionnaires », qu’en sera-t-il alors dans ces conditions … lorsque de nombreux parents pourront retrouver ou récupérer leurs enfants seulement au delà de 20h30 ?

 

Comme trop souvent à Genève, cette loi est votée juste avant les vacances d’été. Alors collecter 7'000 signatures d’électrices et électeurs genevois ne sera certainement pas facile, mais il s’agît très certainement d’un débât de société qui mérite d’être fait.

La formule de référendum (GEIP) se trouve ici.

Pour ma part, je reste persuadé que la cohésion sociale, donc l’intérêt public et le bien commun, doit primer sur l’intérêt personnel et partisant.

 

 

 

 

 

Boris Calame, designer et écologue, indépendant

Membre du comité du GEIP Groupement des entrepreneurs et indépendants progressites

 

 

 

 

* Comité référendaire contre l'extension des ouvertures des commerces:

L'Association des marchés, Collectif Haddock, Comedia, CUAE, Gauche anticapitaliste, Groupement des entrepreneurs indépendants et progressistes, Jeunesses socialistes, Mouvement pour le socialisme, Parti du Travail, Parti socialiste, ROC, SIT, SolidaritéS, Syna, Unia, United Black Sheep, Les Verts, La Vrille

 

04/06/2010

Le coulage de la Constituante est programmé ...

La droite économique et dure, représentée à la Constituante par G[e]'avance, a reprit la main sur l'ensemble de la droite politique et « molle », ainsi plus besoin de relais « parlementaire », elle est directement au front et impose sa vision.


Cette droite unie est en train de construire, ou plus justement détruire, un projet de charte fondamentale qui ne peut que diviser alors même qu'elle devrait rassembler.

 

Depuis le début des travaux en plénière, des thèses fondamentales (Droits à/au/x logement, soins, allocations, l'égalité, la non-discrimination, l'information, la transparence, ...) sont balayées par une majorité de quelques voix. Seuls des principes généraux sont conservés (contenant ou forme), toutes explicitations (contenu ou fond), aussi contraignantes ou indispensables soient-elles, sont refusées.

 

La droite prétend ne pas vouloir « offrir » des droits vides, pourtant (souvent) garantis par la Constitution fédérales et/ou nos engagements internationaux. A force d'élaguer toute notion et affirmation « novatrice » ou « progressiste », on construit un texte vide.

 

Il y a tromperie de la droite que de vouloir opposer les « droits fondamentaux » aux « devoirs individuels ». Il n'y a en effet aucune raison juridique ou humaine valable que de vouloir les opposer, si ce n'est que de vider la Constitution de ses fondements sous prétexte de vouloir un texte « concis » et « claire ». A ce rythme, nous aurons un texte minimaliste, vide, insignifiant et sans portée. La Constitution actuelle risque bien d'être plus progressiste ...

 

A quand la « Motion d'ordre » qui demandera d'arrêter les débats et de voter sur l'avant-projet de Constitution élaboré par les Radicaux. Certainement qu'elle sera plébiscitée par une forte majorité de l'Assemblée ... sans doute 41 contre 39 ...

 

La stratégie de coulage de la Constituante est très largement programmé, la droite unie devra en porter la responsabilité et devra trouver moyen de se justifier devant la population !!!

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

01/06/2010

Prochain "clash" annoncé à la Constituante ?

Sauf retrait, le prochain "clash" est dors et déjà annoncé à la Constituante. En effet, un nouvel amendement transversal, qui devrait être débattu ce jeudi 3 juin 2010,  a été déposé par le Constituant Dimier. Sa teneur est la suivante :


1) La liberté d’expression et d’opinion ainsi que de réunion et d’associations sont garanties.

2) La loi peut soumettre l’expression de ces libertées fondamentales à autorisation.

 

Il y a là une cruelle contradiction entre le le principe même de ce qu’est un « Droit fondamental », de ce que dit très clairement la Constitution fédérale en matière d’inviolabilité de ceux-ci et une volonté de les soumettre à « autorisation » dans la cadre d’une loi cantonale …

A l’initiative de Constituantes et Constituants qui veulent (encore) croire que Genève est capable d’écrire sa nouvelle Constitution, qu’elle soit progressiste et de qualité, qu’elle soit dans tous les domaines au minimum l’équivalent du cadre constitutionnel confédéral, pour sortir de la crise provoquée par l’adoption du premier amendement « Dimier », la Coprésidence de l’Assemblée constituante et le Bureau ont proposés une sorte d’« accord général » et tacite qui demande aux Constituantes et Constituants, ainsi qu’aux onze groupes représentés à l’Assemblée constituante, de ne plus déposer d’amendements transversaux, qui censurent le débat, et de permettre ainsi le vote sur toutes les thèses proposées par les commissions.

Il semble toutefois que la majorité des groupes ont enfin compris l’intérêt de tout faire pour sortir de cette crise. Reste à voir le comportement de certains, dans le respect de notre engagement solennel, et de la suite qu’ils donneront à cette demande ?!

Apparemment la Constituante, qui siège en séance plénière ce jeudi 3 juin 2010, aura droit à sa première manifestation de femmes et d’hommes en colère … reste à voir quelle en sera sa prise en considération dans les débats et dans l’avancée de ceux-ci.

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

31/05/2010

Tromperie sur l’auteur ou le MCG à la botte des Radicaux ?

On m’a fait remarquer que l’amendement « Dimier », présenté lors des débats en séance plénière de l'Assemblée constituante genevoise, le 25 mai 2010, qui a été tant dénnoncé ces derniers jours par les Associations, l’AVIVO et les groupes de gauche, n’était en fait qu’une reprise, quasi intégrale, de l’avant-projet du Groupe « Radical ouverture » élaboré plus particulièrement par le Constituant Murat Alder.

Rendons donc les lauriers à César, les ancêtres du Constituant Dimier doivent bien se retourner dans leurs tombes … Non il n’est pas fierté absolue que son nom soit prononcé à de multiples reprises dans le cadre de l‘espace public de nos débats, ce encore moins lorsque l’on n’est pas l’auteur du propos tenu.

Que les groupes de droite aient décidé de s’unir pour soutenir tous les amendements issus de ses rangs, quelqu’en soit la teneur, la nature ou encore les enjeux réels ne démontre pas une vision constructive qui puisse permettre de faire aboutir en 2012 ce projet de nouvelle Constitution pour Genève.

Allons, un peu de raison, un peu de recul et un peu de respect. Rappelons-nous tous ensemble la nature de l’engagement solennel que les Constituantes et Constituants ont pris entre eux, ainsi que devant la population genevoise, le 2 février 2009.

 

Règlement de l’Assemblée constituante genevoise (RACst) A 2 01.01

Article 2 : Engagement solennel

 

1. Lors de la séance inaugurale ou lors de leur entrée en fonction, les membres de l’Assemblée prennent devant celle-ci l’engagement suivant :

 

« Pour l’avenir de la République et canton de Genève et pour le bien-être de sa population, je m’engage à exercer ma fonction sans jamais perdre de vue qu’elle est une délégation de l’autorité suprême du peuple, dans le respect du droit et en ayant pour seul guide les intérêts de la République, ainsi que la sauvegarde des libertés et des droits fondamentaux ; à me vouer avec diligence à la mission d’élaborer un projet de nouvelle Constitution dans le délai prévu par la loi ; à respecter le règlement de l’Assemblée constituante ; à être à l’écoute des autres et à travailler en tout temps dans le respect mutuel. »

 

2. Après lecture de la formule d’engagement par la présidence et à l’appel de son nom, chaque membre répond « Je le jure », « Je le promets » ou « Je m’y engage ».

 

Peut-être trop vite oublié, cet engagement, si il est respecté, devrait accompagner de façon constructive ce projet pour la Genève du XXIème siécle. Qu’on se le dise ….

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

26/05/2010

Stratégie de sabordage à la Constituante !

A force de vouloir jouer avec le feu, les groupes de droite de l’Assemblée constituante ont lancés le sabordage pur et simple du projet de nouvelle Constitution pour Genève.

Déjà, le 20 mai 2010, des thématiques tels que "La promotion de la culture", "la protection du patrimoine et la sauvegarde des intérêts des générations futures" ou encore "l'aménagement du territoire et la promotion du logement" ont étés bannis du projet de nouvelle Constitution pour Genève.

Comment est-il possible que ce jour des thématiques aussi importantes que « la non discrimination1 » ou « l’égalité entre femmes et hommes2 » puissent être refusées par une majorité de Constituant/e/s, soit respectivement 36 Non / 34 Oui / 0 Abstention et 35 Non / 32 Oui / 1 Abstention.

Après des débats particulièrement destructifs, il faut bien constater que certaines femmes, élues pour écrire notre nouvelle charte fondamentale, ne sont pas pour une égalité entre les femmes et les hommes. On savait la sous-représentation des femmes dans cette assemblée, mais d’en arriver à pareille résultat … qui l’aurait cru ?

Après un amendement du MCG proposant une nouvelle rubrique largement édulcorée « Buts sociaux » et non contraignante, en lieu et place de 14 thèses des « Droits fondamentaux » proposées par la Cot1, les groupes et élu/e/s de droite ont imposés un non débat et, notamment, la disparition dans le projet de nouvelle Constitution des thèses liées au « droit au logement »,  « droit aux allocations de naissance ou d’adoption et aux allocations familliales », « droits d’accès aux études et à une formation certifiante », « droit à un salaire équitable », …

Fort de ce constat, le groupe des « Associations de Genève » ne pouvait que se rallier à la position des groupes de gauche en quitant la séance plénière de l’Assemblée constituante sur le coup de 20h40, ce mardi 25 mai 2010.

Si la stratégie destructrice des groupes de droite devaient perdurer, il serait bien légitime de se poser la question de l’intérêt de poursuivre des débats qui n’ont plus aucun sens, du moment que la population ne pourra que refuser le texte proposé. Es-ce bien là la stratégie de la droite ?

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

 

1 Thèse "102.21.b" soumise au vote et refusée : Nul ne doit subir de discrimination ni tirer avantage du fait notamment de son origine, de son ethnie, de son sexe, de son âge, de sa langue, de son état de santé, de sa situation sociale, de son mode de vie, de son orientation sexuelle, de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ni du fait d’une déficience.

 

2 Thèse "102.21.c" soumise au vote avec son amendement et refusée : La femme et l’homme sont égaux en droit. Il ont droit notamment à la même formation, à un salaire égal pour un travail de valeur égal, à l’égalité des chances dans la vie professionnelle et la vie familliale. L’Etat fait en sorte que les fonctions publiques soient assumées tant par des femmes que par des hommes.

 

NB : Les débats peuvent être suivis dès 09h00 le lendemain des plénières sur Léman Bleu ou sur le site de la Constituante à l’adresse : http://www.ge.ch/constituante/video/nosvideos.asp