16/10/2009

Liberté du choix du mode de transport, la peur de demain …

Il est intéressant de constater, dans le cadre du débat sur la mobilité, traité en séance plénière de l’Assemblée constituante le 15.10.09, le positionnement des Constituant/e/s sur « la liberté individuelle du choix de mode de transport est garantie » (article 160A de la Cst actuelle, retenu par le peuple le 2 juin 2002).

Ne nous trompons pas, depuis l’adoption de cet article, aucune solution concrète n’a pu être trouvée pour répondre à la problématique de la mobilité à Genève et des nuisances liées. Les « PRO » et les « ANTI » utilisant cet article Constitutionnel selon la lecture qu’ils entendent lui donner.

Mais il est certainement vrai que l’opposition vient d’une peur des uns et des autres que de perdre une « certaine » qualité de vie.

· Pour les premiers, il s’agît de ne pas entraver leurs possibilités de se mouvoir quand ils veulent, comme ils veulent et où ils veulent, ce de façon individuelle et non contraignante.

· Pour les seconds, il s’agît de ne pas péjorer la santé des plus vulnérables et de préserver le climat, en assurant le développement de déplacements doux et/ou collectifs au profits de l’ensemble.

En terme de pollution de l’air, il est intéressant de se référer aux statistiques en la matière qui sont factuelles. Pour cela, il est pertinent de consulter le site http://etat.geneve.ch/dt/air/cadastre_no2-53-3223.html qui traite de la concentration annuelle et moyenne en Dioxyde d’Azote (NO2), qui ne peut être considéré comme partisan.

On y constate simplement qu’en ville de Genève (190'000 habitants et 145'000 travailleurs et 28'000 étudiants/apprentis), les normes fédérales en matière de protection de l’Air (OPAIR) ne sont (presque) jamais respectées, sauf peut-être par grande Bise comme ces jours.

Le NO2 est un indicateur de la pollution de l’air particulièrement intéressant, en effet, il s’agît là d’un gaz irritant qui pénètre dans les voies respiratoires profondes et peut provoquer de nombreux effets sur la santé de tous les habitants et travailleurs, avec influence plus grande sur les personnes vulnérables que sont les enfants et les ainés :

· Déclenchement de crises d'asthme

· Diminution des capacités à l'effort physique

· Apparition de maux de tête

· Diminution de la résistance aux infections

· Augmentation des symptômes de maladies chroniques (toux, bronchite...)

· Endommagement des tissus pulmonaires

La Mobilité et les nuisances liées sont des éléments bien trop importants pour laisser libre court à l’individualisme. Ce sont des problèmes bien réels qui touchent tout le monde, ils doivent donc recevoir une réponse globale.

Qu’on se le dise …

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et de la Commission thématique n°5 "Rôle et tâches de l’Etat, finances", Coordinateur du Cercle développement durable, élu sur la liste des Associations de Genève

14/10/2009

Comment concillier mode et durabilité ?

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En ces journées des « EthicalFashionDays », qui ont lieu à Genève, du 16 au 18 octobre 2009, à la maison communale de Plainpalais ( www.ethicalfashiondays.ch ), il est opportun de se demander comment concilier mode et durabilité, alors même que cette première a pour but premier de répondre à un besoin éphémère et immédiat ?

De par sa conception, le produit, qu’il soit accessoire, objet ou encore vêtement, a une faible durée de vie. Dans notre monde limité, le fait d’acheter puis, presque aussi tôt, jeter, ne peut plus être de mise. Aujourd’hui, de plus en plus d’individus souhaitent que les produits deviennent durables.

Pour concilier ces aspirations et ces besoins, l’introduction de la notion d’éthique, dans la production et la commercialisation des matières et des produits, permet de développer de nouvelles stratégies viables et durables. Il est bon de rappeler que l’éthique c’est les règles tacites ou écrites du bien vivre ensemble. Par le repect d’autrui et de notre environnement, nous pourrons y parvenir.

De fait, en intégrant dans toute production les préceptes du développement durable, soit la recherche d’équilibre entre ses trois composantes que sont l’économie, le social et l’environnement, nous pourrons nous assurer l’usage de produits qui sont conçus dans le respect de l’humanité et de notre planète.

Pour être durable, il faut aussi prolonger les cycles de vies, soit donner la possibilité à un produit, qui a perdu son usage pour l’un, de trouver une seconde vie avec l’utilisation par autrui et, au final, le recyclage du produit et de ses composantes permet de boucler le cycle de vie de la matière.

 

Par cette action de l’association NiceFuture, il faut constater qu’il est bien fini l’époque des bonnets en laine difformes et autres habits peu gracieux qui ont caractérisés, un temps, une certaine confection proche de l’environnement.

La démonstration est ainsi faite, que l’on peut avoir une confection de haute qualité, tant au niveau esthétique qu’environnementale, tout en respectant les individus qui en ont permis la réalisation.

 

Pour pouvoir vivre ensemble ce XXIe siècle, il se devra d’être durable, éthique et respectueux.

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et de la Commission thématique n°5 "Rôle et tâches de l’Etat, finances", Coordinateur du Cercle développement durable, élu sur la liste des Associations de Genève

 

13/10/2009

Réchauffement climatique, c’est de saison … ?!

Ce jeudi (15.10.09), l’Assemblée constituante genevois, en session plénière, se penchera sur la suite à donner au rapport de la Commission N°5 (Rôles et tâches de l’Etat, fiances) qui, sous son point 4, traite du climat.

La proposition y relative de la commission est formulée comme suit : « Le canton réduit ses émissions de gaz à effet de serre, au minimum conformément aux accords internationaux ».

Pourtant, au vu des enjeux planétaires majeurs et prioritaires pour notre avenir commun, n’aurait-il pas été sage d’écouter quelques spécialistes en matière de changement climatique et attendre les conclusions de la prochaine conférence de l’ONU, qui aura lieu à Copenhague du 07 au 18.12.09, avant de débattre d’une thèse minimaliste, qui ne fait que confirmer que l’on doit respecter (au minimum) le droit supérieur?!

De fait, en Suisse, les enjeux sont énormes. Que ce soit au niveau de la nature et de l’environnement, mais aussi en terme de sécurité des infrastructures et du financement des mesures de protection nécessaires. La Suisse a un habitat et un réseau de voies de communication relativement vulnérable, disséminé au travers des plaines, des vallées et des montagnes. Elle possède aussi ne nombreux lacs et rivières qui à tous moment peuvent se transformer en eaux tumultueuses, qui emportent tout sur leur chemin.

Ne nous trompons pas, nous sommes véritablement aux premières loges … il est donc indispensable de prendre des mesures actives et concrètes pour préserver notre équilibre climatique.

Pour vous donner un éclairage en la matière, à noter deux évènements prochains à ne pas manquer:

Forum d’information, jeudi 15.10.09, Genève - Uni-Mail, sur le thème « Quels sont les enjeux liés à la Conférence de Copenhague sur le climat? », organisé par Greenpeace. Info et programme sous : http://www.greenpeace.ch/fr/campagnes/climat/copenhague-2...

Fête du climat, samedi 17.10.09, Berne - Place fédérale, de 15h00 à 19h00, organisée par plus de 50 ONG suisses. Info et programme sous : www.voixpourleclimat.ch.

Qu’on se le dise … et au plaisir de vous rencontrer tout prochainement à Genève ou à Berne.

Bien cordialement.

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et

de la Commission thématique n°5 "Rôle et tâches de l’Etat, finances",

Coordinateur du Cercle développement durable,

élu sur la liste des Associations de Genève

 

 

Pour plus d’informations, vous pouvez aussi consulter :

http://fr.cop15.dk/ site de la conférence de l’ONU à Copenhague.

http://www.bafu.admin.ch/klima/index.html?lang=fr site de la Confédération sur le climat

http://www.copenhague-2009.com « Ultimatum climatique » des ONG françaises

 

04/10/2009

Genève se place en tête des cantons suisses … avec sa Constitution de 1847 !

Contrairement à ce que certains conservateurs semblent penser, revoir sa Constitution est un acte fort et fondamental qui permet d’affirmer des valeurs qui nous unissent, de redéfinir l’organisation et le fonctionnement de notre Etat.

En 1999, la Constitution de la Confédération Helvétique a été revue.

En ce début du XXIe siècle, 9 des 26 cantons et demi-cantons ont fait de même, soit Neuchâtel en 2000, Saint-Gall en 2001, Schaffhouse en 2002, Grisons et Vaud en 2003, Fribourg en 2004, Bâle-Ville et Zürich en 2005 et enfin Lucerne en 2007.

En l’état et pour une fois, Genève se place bien en tête et de loin des cantons suisses … avec sa Constitution de 1847, qui est la plus vieille, mais a aussi été quelque peu amendée depuis.

Les quelques autres cantons qui rivalisent presque avec Genève, et sa Constitution du XIXe siècle, sont Appenzell Rhodes-Intérieures 1872 (25 ans après GE), Zoug 1894 (47 ans après GE), Schwytz 1898 (51 ans après GE), Valais 1907 (70 ans après GE).

Toutes les autres on été revues dans la seconde partie de XXe siècle, soit Nidwald en 1965, Obwald en 1968, Jura en 1977 (première), Argovie en 1980, Bâle Campagne et Uri en 1984, Soleure en 1986, Thurgovie en 1987, Glaris en 1988, Appenzell Rhodes-Extérieures en 1995, Tessin en 1997.

Nous voyons dans ces dates que chaque Etat, car c’est bien de cela qu’il s’agît dans notre système Confédéral, a besoin de refaire périodiquement sa loi fondamentale. En 2012, lors de la votation des genevois, il s’agira bien de se prononcer sur un texte qui devra conserver les acquis mais aussi évoluer après 165 ans de bons et loyaux services, soit sept générations (tranches de 25 ans).

Pour le groupe d’âge le plus représenté à Genève (tranche 40-44 ans, qui était de 38'106 habitants à fin 2008, soit le 8.4% - source OCSTAT), il faut réaliser que la Constitution actuelle représente une écriture effectuée par leurs arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grands-parents …

Mais qui donc s’en souvient ?!

Même pour les plus anciens, il n’est certainement pas possible d’avoir connus leurs illustres aïeux qui auraient participés à l’écriture ou la validation de ce texte.

Alors pourquoi s’opposer à une Constitution, dont le début des travaux n’a pas encore six mois, qui devra permettre de propulser Genève dans le XXIe siècle ?

Depuis 1847, nous avons changé de monde ! Dans le désordre, l’électricité, l’eau courante, l’agriculture mécanisée, l’automobile, les guerres mondiales, la télévision, la conquête de l’espace, l’infiniment grand et l’infiniment petit, la chute du mur, la recherche, la médecine, le Sida, le cancer, l’AVS, l’internet, le projet d’agglomération, le génie génétique, le réchauffement climatique, la mondialisation, les réseaux sociaux, les crises sociales, environnementales et économiques… ne sont que quelque éléments de ce XXIe siècle qui donnent raison à cet acte.

En soutenant la récriture Nous ne faisons donc pas preuve d’un modernisme excessif, mais d’une volonté affirmée d’entrer pleinement dans le XXIe siècle. Laissons donc aux dinosaures et autres conservateurs leur perception archaïque de notre société !

On en reparlera très certainement d’ici là …

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant
Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et
de la Commission thématique n°5 "Rôle et tâches de l’Etat, finances",
Coordinateur du Cercle développement durable,
élu sur la liste des Associations de Genève

23/09/2009

Les vacances sont finies, la Constituante à l’œuvre …

Et oui, le 22 septembre la Constituante a commencé, en séance plénière, ses premiers débats sur des sujets constitutionnels issus des travaux des commission. Après quelques couacs, liés à la procédure et au traitement des amendements, les premiers clivages et majorités se sont fait sentir, dont notamment le refus de l’introduction de « l’égalité » (présenté par les Associations de Genève) dans le premier article présenté par la commission 1.

Toutefois, au travers de ces débats ouverts et publics, c’est bien une volonté des membres de l’Assemblée que de rendre visible le travail effectué à ce jour et permettre aux citoyens et citoyennes de réagir en conséquence.

Certes, nous aurions toutes et tous souhaités traiter l’entier de notre ordre du jour, pendant les 6h30 de débats, mais la Constituante a cherché à innover en se démarquant des procédures parlementaires habituelles, parfois rendus trop stériles par une opposition récurrente gauche/droite. Elle s’est donc essayée à deux types de débats différents, proposés par les commissions 1 et 5.

Pour la commission 1 et son « rapport intermédiaire », il s’agissait de présenter le texte issus de ses travaux et de procéder à des « votes d’orientation ». Ces derniers avaient comme but de ne pas verrouiller trop vite les écrits qui seront débattus encore ces prochaines années. Les nombreux amendements proposés et leurs traitements ont effectivement entrainés une certaine confusion dans l’assemblée, mais le résultat est là, la commission repart avec de nombreuses indications (votes et amendements) qui lui permettront de continuer ses travaux avec une meilleure perception des attentes et tendances de l’assemblée.

Pour la commission 5 et son « rapport préliminaire », les membres de celle-ci ont souhaités ne pas procéder avec des votes, mais bien plus d’encourager le débat et les propositions qui puissent aussi enrichir les travaux de la commission. Le premier chapitre du rapport ayant été seul traité, la suite devrait être débattue le 15 octobre 2009, entre 14h00 et 19h00, dans la Salle du Grand-Conseil. A noter la proposition des Associations de Genève pour que l’interdiction de la Chasse à Genève soit maintenue (art. 178A de la Cst genevoise actuelle).

 

 

Mais quelle est donc la différence entre un « amendement » et une « proposition » ?

Le premier, proposé par les Constituant-e et soumis au vote de l’assemblée, demande une modification du texte présenté qui, selon les conditions et le résultat du vote, devient contraignant. Dans cette première phase, ces « votes d’orientation » permettront de revenir ultérieurement et en fonction de l’avancée des travaux de la commission, sans obligatoirement reprendre en l’état les amendements.

Le second est uniquement présenté. Il exprime le souhait qu’un sujet ou article soit adapté, ajouté ou complété. L’intérêt des propositions c’est qu’elles peuvent être formulées à tout moment, par les Constituant-e-s ou par la population, qui suit l’avancée des travaux. Il est toutefois important que celles-ci soient exprimées suffisamment vite, pour qu’elles puissent véritablement être prises en considération.

 

 

Vous souhaiter participer ou vous exprimer ?

C’est donc bien maintenant aux groupements, associations et personnes qui se sentent concernées de continuer à adresser des pétitions individuelles ou, mieux encore, propositions collectives, avec au moins 500 signatures à la Constituante.

Vous souhaitez émettre une pétition ou proposition, vous trouverez les informations utiles sur le site de l’Assemblée constituante à l’adresse www.ge.ch/constituante/nostravaux/participer.asp.

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et de la Commission thématique n°5 "Rôle, tâches de l’Etat et finances", Coordinateur du Cercle développement durable, élu sur la liste des Associations de Genève.