14/05/2016

Quand j'étais petit ... déjà ces files interminables de pendulaires ...

Enfant de Vésenaz, je me rappelle, à la fin des années soixante et dans les années septante, les interminables files de pendulaires au plaques quelques peu "exotiques" qui envahissaient les routes de la région, qu'elles soient d'Hermance, de Thonon, de la Capite, de Vandœuvres ou encore de Jussy, pour rejoindre le Centre ville de Genève ...

On pourrait se dire aujourd'hui que rien n'a vraiment changé, si ce n'est que dans les faits, la pression des pendulaires a véritablement augmentée ... toutefois, pour répondre à l'attractivité grandissante [de la Ville] de Genève, centre de l'agglomération et premier vecteur d'emploi de la région, mais aussi au développement de la couronne du Grand Genève, les autorités fédérales, cantonales et régionales ont décidés de construire ensemble le CEVA.

Ce projet, retardé pendant près d'un siècle, est pourtant la solution pour désengorger Genève et plus particulièrement la rive gauche, en proposant aux pendulaires, notamment de France voisine, une liaison ferroviaire permettant de rejoindre le cœur de l'agglomération rapidement et en toute sécurité.

La mise en service du CEVA, planifiée pour décembre 2019, va changer radicalement la perception et l'usage des transports publics des habitants du Grand Genève et plus particulièrement de la rive gauche de l'agglomération.

Alors même que nous sommes sur le point d'obtenir une véritable alternative pour désengorger Genève, certains voudraient déjà concurrencer cette réalisation, d'environ 1.5 milliards de francs (hors coûts d'exploitation), par une nouvelle infrastructure routière périphérique qui pourrait coûter, de 5 à 12 milliards de francs (cf. rapport du Conseil d'Etat du 15 octobre 2014), selon le type de réalisation et le mode de financement.

Il faut savoir garder raison, un vote positif sur la traverssée du Lac (contournement Est de Genève) donnera une forme de légitimité à l'Etat pour dépenser encore des dizaines de millions en frais d'étude pour un projet qui ne verra pas le jour ... ceci étant, notamment, par une impossibilité de financement.

Certains préconisent alors le Partenariat Public-Privé (PPP), alors que nous savons toutes et tous qu'un investisseurs à besoin d'un rendement garantit sur sous engagement. Il permet certes de sursoir à une impossibilité temporaire de financement des collectivités publiques, mais assure, au final un coût bien plus élevé de l'ensemble.

Le développement du Grand Genève, que ce soit en matière d'emploi et de logements, engendre un nombre de déplacement en augmentation au cœur de l'agglomération. Pour limiter le trafic routier y relatif, il faut alors tout faire pour encourager et utiliser la capacité à venir du CEVA.

Si Genève veut dépenser autant d'argent dans sa mobilité, et qu'elle en a les moyens, sans doute qu'il vaudrait mieux investir dans une offre performante, complémentaire et économique de transports publics.

L'offre des Transports Publics Genevois doit être revisité, elle doit s'assurer d'une connexion optimale aux  gares du CEVA (Annemase, Chêne-Bourg, Eaux-Vives, Champel-Hôpital, Carouge-Bachet, Lancy-Pont-Rouge et Cornavin). C'est la priorité pour Genève, en matière de mobilité, et la seul façon fiable pour assurer la qualité et la complémentarité entre l'infrastructure ferroviaire régionale et la désserte de proximité des TPG.

A cela doit s'ajouter un développement qualitatif et quantitatif de la mobilité de proximité, que ce soit pour le vélo, notamment avec la mise en place à l'échelle du Grand Genève, d'un système unique de Vélib et la réalisation des liaisons manquantes et sécurisées de pistes cyclables. Il faut aussi assurer confort, sécurité et fluidité des déplacements piétonniers, notamment au niveau des interface de transports publics, qu'elles soient existantes ou à venir.

C'est bien l'offre proposée et la façon de la consommer qui feront la différence pour Genève, car, on le sait trop bien, toutes nouvelle infrastructure et autres services engendre indéniablement un usage. Il est alors urgent de changer de modèle de déplacement à Genève, soit offrir à tout un chacun un système de transports publics de proximité, rapide, confortable, facile d'accès et diversifiés.

L'avenir de la mobilité à Genève se joue ce 5 juin ... si l'on veut diminuer la pression routière, limiter la polution de l'air et augmenter la qualité de vie, il faut développer les infrastructures et améliorer la déserte en transport public, soit refuser la traverssée du Lac et accepter la priorité aux transports publics ...

Qu'on se le dise ...

 

Boris Calame écologue et député 

 

NB: Je me rappel aussi, d'il y a trentaine d'années où Il y avait cette idée de viaduc routier en dessus du Val d'Arve, entre le tunnel de Carouge et le Plateau de Champel, qui "aurait assuré" le bouclement routier de la gauche.

L'idée suivante sera, très vraissemblablement, de lier l'autoroute de contournement actuelle au projet de contournement Est de Genève ... soit de reprendre le projet de traverser du Val d'Arve par un viaduc aérien avec un tunnel entre le barreau de l'Avenue Louis-Aubert et le quai de Cologny et/ou la route de Malagnou, qui seront préconisés ... est-ce vraiment d'un doublon du CEVA, avec les coûts et toutes les nuisances liées, que nous voulons pour Genève ?

Commentaires

Ecologue ? ça ne s'invente pas. Et ça en dit tant !

Écrit par : Pierre Jenni | 14/05/2016

Pour Pierre Jenni:

http://www.sbfi.admin.ch/bvz/hbb/index.html?lang=fr&detail=1&typ=BP&item=363

Écrit par : Boris Calame | 15/05/2016

Merci pour ce lien Boris qui confirme mes pires appréhensions.
Bien que je ne voie nulle par le terme d'Ecologue, un spécialiste en environnement est évidemment un de ces experts dont ont tant besoin les parlementaires pour justifier leurs choix politiques.
Il n'est pas étonnant qu'un Vert se dédie à une telle profession. Je me demande d'ailleurs s'il y a une autre "race" qui pratique cet "art".

J'ai pris hier dans mon taxi un ingénieur conseil qui m'a assuré que le Conseil d'Etat n'a absolument pas demandé d'étude comparative pour un tracé alternatif à celui proposé pour la traversée du lac. Il m'a en outre confirmé que le principe constitutionnel est lié à cet unique projet et donc que toute tentative de le découpler est mensongère.
Mes yeux se sont levés au ciel lorsqu'il m'a annoncé que le projet serait certainement invalidé car il passe en plein dans le secteur de la Seymaz qui vient d'être renaturée.

Je suis donc parfaitement scandalisé par la démarche du PLR qui fait de la politique politicienne pour engranger des voix en faisant parler de lui sans rien dire. Je suis favorable à une traversée autoroutière du lac, mais pas à n'importe quelles conditions et surtout pas avec un tel projet qui ne règlera pas nos problèmes de mobilité dans le Canton. Sans oublier que c'est un luxe dont nous n'avons pas le premier centime.

C'est pourquoi je me bats aujourd'hui CONTRE ce projet et tente de faire la lumière sur le silence assourdissant autour du projet Weibel, Genève, route et rail, qui me semble le seul digne d'intérêt.
http://mobilite.blog.tdg.ch/archive/2015/06/26/geneve-268308.html

Mais au final, rien ne se fera, comme d'hab'. Notamment grâce à des experts de votre genre, un peu visionnaires et décalés des réalités contemporaines. Bobos obnubilés par des considérations égoïstes et irréalistes. Intégristes qui souhaitent entasser les citadins dans des bétaillères en ignorant sciemment l'évolution rapide des transports individuels motorisés qui seront bientôt moins polluants que les transports publics, mais surtout nettement moins chers.
http://posttenebraslux.blog.tdg.ch/archive/2016/05/12/traverser-le-lac-de-geneve-a-quel-prix-276106.html

Écrit par : Pierre Jenni | 16/05/2016

Pour Pierre Jenni: "Un écologue (qu'il soit chercheur ou ingénieur écologue) est un spécialiste de l'écologie. Ce terme ne doit pas être confondu avec la dénomination écologiste." (source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Écologie ).

Pour le reste: Dans les débats de l'Assemblée constituante, en vu de l'élaboration de notre [nouvelle] constitution, les lobbies économiques, notamment au travers du groupement "g[e]avance", avaient tenté d'imposer la traversées du lac ... cet objet n'a pas été retenu, il aurait fait échouer le projet ...

Mais bon, on y revient, les mêmes proposent un cadre constitutionnel (principe) qui n'est pas arrêté ... il pourrait être pont ou tunnel, financé par un Partenariat-Public-Privé (PPP) ou pas, coûter de 0.8 à 12.8 milliards (sur 50 ans) selon le type de construction et le mode de financement (voir page 19 du rapport adopté par le Conseil d'Etat le 15 octobre 2014: http://ge.ch/transports/media/mobilite/files/fichiers/documents/traversee_du_lac_-_rapport_de_synthese_15-10-2014.pdf ).

Pour le reste, la réalisation d'une traversée lacustre se heurterait à toutes sortes de contraintes sans doute insurmontables:

- des dérogations sur le droit fédéral, que ce soit en matière de protection de l'environnement, des eaux, de la nature et du paysage, ... mais aussi des conventions internationales de protection des zones humides (RAMSAR: http://www.ramsar.org/fr )

- une impossibilité de financement, car l'endettement de Genève et les lois y relatives (frein à l'endettement) ne pourraient jamais permettre le financement d'un pareil ouvrage ... la "solution": un PPP ... qui conditionnerait toutefois des économies drastiques dans d'autres domaines de l'activité obligatoire de l'Etat (tâches régaliennes), à l'exemple de la formation, de la justice ou encore de l'entretien du patrimoine public ...

- un très faible espoir d'obtenir une dérogation des chambres fédérales pour un péage permettant l'accès au dit ouvrage, sans compter l'emprise que cela engendrerait dans le paysage, à l'entrée de celui-ci ...

- le coût, quel qu'il soit se fera à charge de l'entier de la population de Genève et, certainement pas [seulement], de ses utilisateurs ... car la confédération l'a déjà dit (comme pour le tunnel de Vésenaz), le rapport coût-utilité n'est pas avéré !!!

- un décalage complet entre le coût et l'utilité de pareil projet ... la rive gauche est certes "jolie" mais bien trop peu densifiée pour donner un sens d'économicité à l'investissement de l'Etat ... et le potentiel d'aménagement de la rive gauche est très faible, notamment de par les lois fédérales qui régissent l'aménagement du territoire et la protection des zones agricoles, mais aussi naturelles ...

- la pollution de l'air et le bruit ne sont que deux nuisances identifiées ... beaucoup d'autres éléments doivent être pris en compte, que ce soit les surfaces occupées; les coûts de construction, d'entretien et de renouvellement; les risques et coûts d'accidents, d'incidents et/ou de pollutions liés à pareil ouvrage; les atteintes aux paysage, l'accroissement de la mobilité à l'approche des dits ouvrages; l'augmentation "nécessaires" des voiries d'accès; ...

Alors au final, je suis persuadé que cette traversée ne se réalisera jamais, car ce n'est pas en exprimant un "voeux" aussi démagogique qu'il soit, que réalité se fera ...

PS: Pour ce qui en est de vos appréhensions et considérations ("Bobos", "obnubilés", "égoïstes", "irréalistes""intégriste"), je vous les laissent à libre appréciations ...

Écrit par : Boris Calame | 16/05/2016

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