04/03/2013

IN 146 « Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois », quelle gueule de bois !

Le peuple à toujours raison, mais peut-être qu’il aurait été bon de mieux expliquer l’initiative et surtout, les erreurs et omissions patentes qu’elle comporte. La carte journalière valable une heure, proposée à sfr. 10.-, est déjà un non sens, mais « oublier » le tarif « Jeunes » est un pur scandale.

Certes, pour les acteurs de la mobilité, mais aussi les partis politiques, il était évident qu’avec ces quelques éléments, la population n’allait pas se faire avoir par cette initiative … et non, le peuple s’est trompé. Par dépit, il a voté pour un concept/titre fort sympathique « Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois », sans appréhender la réalité du texte.

L’adoption de cette initiative est bien un échec collectif. Les votations du 3 mars 2013 ont focalisé, à Genève, sur la fusion des Caisses de pension publiques genevoises et, au niveau fédéral, sur l’initiative Minder. Nous avons une responsabilité commune, de ne pas avoir su ou pu expliciter correctement à la population les risques liés à l’adoption de cette initiative.

Dans cette initiative, lorsque l’on parle des Transports publics genevois, s’agît-il bien des seuls « TPG. Si c’est bien le cas, nous allons nous retrouver avec plusieurs tarifs distincts, soit ceux de la communauté tarifaire UNIRESO (évolutifs, notamment lors de l’arrivée du CEVA) qui englobera certains services et ceux des TPG (fixés par la loi) à service limité. Quid alors du transferts des activités de TPG à un autre opérateur ou, plus simplement, du changement prochain de nom de cet opérateur, pour contourner cette nouvelle loi ?

Le plus grand scandale, c’est bien évidemment d’avoir « oublié » le tarif « Jeunes ». J’ai souvenir que déjà au lancement de l’initiative, il avait été annoncé, par l’ensemble des milieux avertis, aux initiants qu’il y avait un problème et qu’ils devaient modifier leur initiative. Et bien non, cette initiative s’adressait « en priorité » à une population donnée, les jeunes n’étant visiblement pas une priorité !

A ce jour, il existe deux tarifs : le tarif « Junior » est en général distinct et plus avantageux que le tarif « Jeunes ». L’âge de transition entre ces tarifs est variable selon les opérateurs. Pour certains le cap se situe à 16 ans, à l’exemple des CFF ou encore de CarPostal, pour d’autres c’est 18 ans, à l’exemple (encore valable) des TPG ou d’UNIRESO. Communément, la notion de « Jeune » s’entend au minimum de 18 à 25 ans, toutefois, dans certains domaines, cela peut aller de 18 à 30 ans, le cas échéant les avantages sont attribués selon le statu du demandeur (étudiant, apprenti, …).

Si, dans le cadre d’UNIRESO, les opérateurs de transports trouvent moyens de s’arranger (ce qui est de loin pas acquis), à chaque révision de tarifs des TPG, une incertitude économique et politique sera présente … les blocages décisionnels et stratégiques de nos opérateurs sont annoncés, notamment en matière d’investissements !

On entend maintenant de certain qu’il faut modifier cette loi, alors même que vient d’être approuvée par 55.8% des électrices et électeurs, ne serait-ce pas un sacré précédent ? On pourrait évoquer la notion de stabilité du droit ou, peut-être plus justement, de respect de la volonté populaire. Qu’en sera-t-il dans le cadre des débat parlementaire qui de part sa majorité, il faut le rappeler, n’a pas souhaité proposé de contre projet à cette initiative falacieuse.

Alors, d'un vote sanction à une abomination, ce n’est en tous les cas pas ce type d’initiative qui permettra de faire progresser le taux d’utilisation, la qualité et l’offre des Transports publics [genevois] et, encore moins, de créer une image positive de ceux-ci … ce bien malgré eux !

Qu’on se le dise …

 

Boris Calame

Commentaires

Oui vous avez raison, Genève a voté avec ses pieds et s'est laissée berner par le chant des sirènes de l'AVIVO, enfin si l'on peut dire, car Christian Grobet n'a pas vraiment la tête d'une sirène ! ;o(

Bref, il est plus que probable que les électeurs dans leur majorité, se sont contentés de lire le titre de l'initiative, ô combien démagogique, et qu'ils se sont exprimés sans en analyser toutes les conséquences.

Ce coup d'urticaire risque de coûter très cher à Genève, qui n'avait vraiment pas besoin de cela en ce moment.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 04/03/2013

que d'énergie mise en oeuvre pour combattre une initiative qui vient pourtant de votre bord politique! Certes ses auteurs sont comme le réseau, à la limite de leurs capacités, voire pour certains hors Migros data.

Il n'en demeure pas moins que les problèmes soulevés par cette initiative sont réels. Qui a eu l'idée saugrenue de faire sauter le demi tarif pour nos aînés si ce n'est dame Kunzler. Même si elle n'est pas parole d'évangile, c'est quand même elle qui tient la bible tarifaire en mains par l'arrêté du conseil d'Etat qui permet sa mise en vigueur.

Le succès de cette initiative n'est en fait que l'expression du ras-le-bol des genevois à l'égard de ceux qui sont supposés leur faciliter la vie et qui se sont ingéniés à la leur compliquer. Qui plus est avec la bénédiction de Benoîte 1ère!

Oui vous avez raison sur les défauts de cette initiative mais il faut avoir confiance dans l'ingéniosité de nos députés à les parer de meilleurs atours.

Merci pour votre blog très pertinent sur les problèmes que pose cette initiative mais n'oubliez pas que l'arme du souverain est diabolique et ne pèse que quelques grammes, c'est leur bulletin de vote!

cordialement,
P. Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 04/03/2013

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