27/04/2011

Cherpines-Charrottons, le déclassement ne répond pas aux exigences du plan directeur cantonal et au Projet d’agglomération franco-valdo-genevois !

Dans le Plan directeur cantonal en vigueur, approuvé par la Confédération (fiche 2.04 du schéma directeur), il est dit qu' « Il s'agira, pour tout projet de déclassement (ndlr : soit en amont de la décision de déclassement), de fournir un exposé des motifs établissant notamment :

  • la clause du besoin;
  • les mesures de regroupements intercommunaux,
  • le cas échéant; que le projet ne peut pas prendre place dans la zone à bâtir;
  • les mesures prises pour maîtriser le prix du terrain;
  • les mesures prises pour garantir la qualité de l'aménagement (PAC pour les projets d'envergure);
  • la desserte du périmètre par les transports collectifs;
  • les mesures de compensation quantitatives et/ou qualitatives portant sur les impacts nature et agriculture;
  • les mesures pour limiter la consommation du sol (indice d'utilisation, etc.);
  • la planification des équipements publics de quartier (compétence communale);
  • les équipements publics de quartier, ainsi que la desserte en transports publics, sont à planifier simultanément aux projets d'urbanisation.»

Dans ce cadre et en comparaison de l'existant, il est avéré que l'aménagement de ce secteur, tel que prévu au jour d'aujourd'hui ne répond pas au plan directeur cantonal et au principe retenu par le projet d'agglomération, soit la réalisation d' « une agglomération compacte, multipolaire et verte ».

Aujourd'hui on parle en effet de réaliser sur 58 hectares seulement 3'000 logements, soit accueillir environ 6'000 habitants, et développer une zone d'activité pouvant accueillir environ 2'000 emplois. Le tout avec les infrastructures nécessaires au (bon) fonctionnement de l'ensemble (voiries, zones de commerces et d'activités, zones dédiées aux loisirs, à la culture, aux sports et à la détente, ...).

La votation du 15 mai ne se limite donc pas au déclassement à proprement, mais bien à la validation de principe d'un gaspillage effroyable de notre territoire en le sous densifiant, de plus dans un secteur de terres agricoles d'excellente qualité, perdues à tout jamais.

A titre de comparaison, sur une surface équivalente, il est intéressant de calculer le ratio pour quelques communes qui peuvent servir de modèles (source ocstat : surfaces habitables et infrastructures) :

En ville de Genève, sur une surface équivalente, on trouve en moyenne 4'138 logements, 7'573 habitants (55%) et 6'197 emplois (45%) ; en ville de Carouge (apparemment pris comme modèle d'urbanisme par l'Etat pour le projet d'urbanisme de ce secteur), c'est en moyenne 2'580 logements pour 5'184 habitants (48%) et 5'519 emplois (52%).

Si l'on calculait un ratio complémentaire, en favorisant le logement par rapport à l'emploi (ce qui est prévu aux Cherpines-Charrottons est de ¾ d'habitants pour ¼ d'emplois, alors que l'urgence est le logement et non l'emploi), on devrait alors, sans problème, parvenir à réaliser 50% (voir 100%) de logements en plus, avec une qualité de vie similaire à celle de Carouge, soit accueillir au final 9'000 à 12'000 habitants en lieu et place des 6'000 escomptés.

Il est donc en l'état inconcevable que l'on choisisse de déclasser cette zone agricole sans avoir une vision arrêtée de l'aménagement de ce secteur. Dans le cas présent, il ne s'agît pas seulement de déclasser des terres agricoles, mais bien d'un aménagement majeur qui, si il devait être accepté en l'état, serait un gaspillage incommensurable de territoire.

Alors, pour l'heure, il n'y a qu'une alternative c'est de s'opposer au déclassement, dans l'espoir que le projet soir remanié pour réponde aux exigences de durabilité et à l'exiguïté de notre territoire.

Il pourra alors être représenté au Parlement et, le cas échéant, à la population pour validation.

Il n'est plus concevable de dilapider cette ressource limitée et indispensable à la vie qu'est le sol. Le devoir de nos autorités est d'optimiser son utilisation et d'arrêter de le gaspiller en sous-densifiant les périmètres dévolus à la construction. Il faut bien évidemment aussi réserver et intégrer les espaces de proximité nécessaires à la cohésion sociale que sont les zones sportives, de loisirs et culturelles, ainsi que les aménagements et équipements publics !

 

Dans l'attente d'un projet véritable et durable, qui réponde aux besoins réels de Genève, de ses habitants et de l'environnement, le 15 mai : Votez NON au déclassement des « Cherpines-Charrottons ».

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, Constituant

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