30/03/2011

A la Constituante – Le Conseil d’Etat prend position publiquement sur l’avant-projet de Constitution

N'est-il pas effarent de lire de notre gouvernement sa position spécifique en lien avec les droits politiques (position complète du CE) :

 

« La facilitation accrue du recours aux droits populaires, amorcé dans cet avant-projet, contribuera en réalité à affaiblir la vraie légitimité de ces droits. A l'inverse, elle renforcera la capacité de blocage des minorités dans un canton déjà confronté à une multiplication de scrutins populaires, évolution qui participe à une exaspération de la population et à l'affaiblissement de la démocratie représentative semi-directe de notre canton. La formation d'une conscience collective suppose une délégation partielle de pouvoirs à des autorités élues, et non le recours immédiat et quasi automatique à l'opinion publique, qui est plus proche d'un système populiste que d'un système démocratique ».

 

Mais quel est donc le problème réel en la matière à Genève ?

Ne serait-ce pas plus justement l'incapacité des Pouvoirs exécutifs et législatifs d'être à l'écoute et d'entendre les avis exprimés par les minorités, quelles soient parlementaires ou citoyennes.

En règle générale, la (petite) majorité, qu'elle soit de gauche ou de droite, s'assoit pleinement sur l'avis de la (grande) minorité. Par principe, l'idée de l'autre bord politique étant systématiquement mauvaise. Un exemple emblématique en est aussi le fonctionnement de l'Assemblée constituante.

Si dans leurs travaux, les Pouvoirs étaient à l'écoute des minorités et des acteurs de terrain, construisaient ensemble des compromis réalistes et des projets de qualité, dans le sens strict du bien commun, acceptables pour la population dans son ensemble, il y aurait sans doute moins de frustrations, des réalisations plus rapides et de meilleure qualité.

C'est la culture politique de Genève qui doit évoluer et non simplement s'interdire une amélioration de l'accès aux droits populaires qui, comparé à d'autres cantons, elle loin d'être aussi facile.

De fait, si son accès en est facilité, cela obligera les Pouvoirs à se comporter de façon moins arrogante et partisane, donc plus rassembleuse.

Le slogan pourrait être alors « Faisons ensemble Genève ».

 

Qu'on se le dise ...

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant

Constituant, élu sur la liste des Associations de Genève

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