04/10/2009

Genève se place en tête des cantons suisses … avec sa Constitution de 1847 !

Contrairement à ce que certains conservateurs semblent penser, revoir sa Constitution est un acte fort et fondamental qui permet d’affirmer des valeurs qui nous unissent, de redéfinir l’organisation et le fonctionnement de notre Etat.

En 1999, la Constitution de la Confédération Helvétique a été revue.

En ce début du XXIe siècle, 9 des 26 cantons et demi-cantons ont fait de même, soit Neuchâtel en 2000, Saint-Gall en 2001, Schaffhouse en 2002, Grisons et Vaud en 2003, Fribourg en 2004, Bâle-Ville et Zürich en 2005 et enfin Lucerne en 2007.

En l’état et pour une fois, Genève se place bien en tête et de loin des cantons suisses … avec sa Constitution de 1847, qui est la plus vieille, mais a aussi été quelque peu amendée depuis.

Les quelques autres cantons qui rivalisent presque avec Genève, et sa Constitution du XIXe siècle, sont Appenzell Rhodes-Intérieures 1872 (25 ans après GE), Zoug 1894 (47 ans après GE), Schwytz 1898 (51 ans après GE), Valais 1907 (70 ans après GE).

Toutes les autres on été revues dans la seconde partie de XXe siècle, soit Nidwald en 1965, Obwald en 1968, Jura en 1977 (première), Argovie en 1980, Bâle Campagne et Uri en 1984, Soleure en 1986, Thurgovie en 1987, Glaris en 1988, Appenzell Rhodes-Extérieures en 1995, Tessin en 1997.

Nous voyons dans ces dates que chaque Etat, car c’est bien de cela qu’il s’agît dans notre système Confédéral, a besoin de refaire périodiquement sa loi fondamentale. En 2012, lors de la votation des genevois, il s’agira bien de se prononcer sur un texte qui devra conserver les acquis mais aussi évoluer après 165 ans de bons et loyaux services, soit sept générations (tranches de 25 ans).

Pour le groupe d’âge le plus représenté à Genève (tranche 40-44 ans, qui était de 38'106 habitants à fin 2008, soit le 8.4% - source OCSTAT), il faut réaliser que la Constitution actuelle représente une écriture effectuée par leurs arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grands-parents …

Mais qui donc s’en souvient ?!

Même pour les plus anciens, il n’est certainement pas possible d’avoir connus leurs illustres aïeux qui auraient participés à l’écriture ou la validation de ce texte.

Alors pourquoi s’opposer à une Constitution, dont le début des travaux n’a pas encore six mois, qui devra permettre de propulser Genève dans le XXIe siècle ?

Depuis 1847, nous avons changé de monde ! Dans le désordre, l’électricité, l’eau courante, l’agriculture mécanisée, l’automobile, les guerres mondiales, la télévision, la conquête de l’espace, l’infiniment grand et l’infiniment petit, la chute du mur, la recherche, la médecine, le Sida, le cancer, l’AVS, l’internet, le projet d’agglomération, le génie génétique, le réchauffement climatique, la mondialisation, les réseaux sociaux, les crises sociales, environnementales et économiques… ne sont que quelque éléments de ce XXIe siècle qui donnent raison à cet acte.

En soutenant la récriture Nous ne faisons donc pas preuve d’un modernisme excessif, mais d’une volonté affirmée d’entrer pleinement dans le XXIe siècle. Laissons donc aux dinosaures et autres conservateurs leur perception archaïque de notre société !

On en reparlera très certainement d’ici là …

 

 

Boris Calame, designer sgd et écologue, indépendant
Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et
de la Commission thématique n°5 "Rôle et tâches de l’Etat, finances",
Coordinateur du Cercle développement durable,
élu sur la liste des Associations de Genève

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